Finale Brésil-Italie 1994 aux USA (Iconsport)
Compétition

Top 3 des pires finales de l'histoire du Mondial

Finale Brésil-Italie 1994 aux USA (Iconsport)

Ennui, tacles assassins, penalty litigieux : trois finales de Coupe du Monde ont marqué les mémoires pour de mauvaises raisons. Retour sur ces purges historiques.

LLa rédactionMis à jour à 19h105 min de lecture
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La finale de Coupe du Monde est censée être le sommet de quatre années d'attente, la récompense offerte à ceux qui ont traversé indemnes les tempêtes des phases à élimination directe. En théorie. Parce qu'en pratique, la peur de perdre, la pression absolue du moment et les calculs tactiques de sélectionneurs tétanisés ont parfois produit le spectacle inverse : des matches gris, rugueux, où le seul frisson venait d'un carton rouge ou d'un tir au but. L'enjeu tue le jeu, dit-on. Il l'a tué plusieurs fois en finale. Et pas n'importe lesquelles : des finales censées incarner le meilleur du football mondial, devant des centaines de millions de téléspectateurs. Voici les trois cas les plus accablants de l'histoire, classés par ordre croissant de scandale footballistique. À l'heure où l'Espagne de Luis De la Fuente Castillo et l'Argentine de Lionel Scaloni s'apprêtent à se disputer le titre suprême au MetLife Stadium le 19 juillet 2026, espérons un tout autre spectacle.

N°3 — Espagne vs Pays-Bas, 2010 : 14 cartons jaunes et un karaté

Johannesburg, 11 juillet 2010. Le Soccer City Stadium accueille ce qui aurait dû être une fête du football. L'Espagne de Xavi et d'Iniesta contre les Pays-Bas de Robben et Van Persie : sur le papier, un récital en perspective. Sur la pelouse, une boucherie organisée. Le record absolu de cartons jaunes en finale — 14, dont 9 pour les Néerlandais — dit tout de l'état d'esprit de la sélection coachée ce soir-là par Bert van Marwijk. Ce fut moins une stratégie footballistique qu'un plan de destruction méthodique.

Le symbole de cette finale reste le tacle de Nigel de Jong sur Xabi Alonso au milieu de la première mi-temps : pied en avant, crampon dans la cage thoracique, sans ballon. Un geste qui méritait le rouge immédiat et qui n'écopa que d'un jaune, dans ce qui constitue probablement la plus grande erreur d'arbitrage de toute l'histoire des finales. L'Espagne, qui venait de remporter l'Euro 2008 en jouant un football élégant et collectif, fut contrainte de s'adapter à une guerre des tranchées sur 120 minutes. Andrés Iniesta finit par trancher le débat à la 116e minute, d'une frappe du droit dans le petit filet, pour offrir à l'Espagne son premier et unique titre mondial. Victoire méritée, finale infamante.

N°2 — RFA vs Argentine, 1990 : le football à bout de souffle

Rome, 8 juillet 1990. Trente-deux ans après leur première finale commune, l'Allemagne de l'Ouest et l'Argentine se retrouvent à l'Olimpico. Mais cette édition 1990 n'avait pas grand-chose à voir avec la richesse tactique de 1986 : ce fut l'une des finales les plus pauvres en termes de jeu de toute l'histoire du Mondial. Diego Maradona, diminué physiquement et sous pression judiciaire depuis des semaines, n'est que l'ombre de lui-même. Ce n'est plus César Luis Menotti sur le banc argentin — c'est Carlos Bilardo, architecte d'une équipe devenue experte dans l'art d'étouffer les matches plutôt que de les animer.

Le résultat chiffré dit tout : deux cartons rouges du côté argentin — Pedro Monzon à la 65e minute, puis Gustavo Dezotti à la 87e, soit la première double expulsion en finale de l'histoire du Mondial — et un penalty converti par Andreas Brehme à la 85e minute sur une faute litigieuse, dans un match où les deux équipes combinées n'ont pas totalisé plus d'une demi-douzaine de tirs cadrés. L'Argentine perdit 1-0, mais la véritable perdante fut la beauté du jeu. Franz Beckenbauer, sélectionneur allemand et vainqueur mérité, eut au moins la grâce de reconnaître que son équipe n'avait pas brillé. Ce fut peu dire.

N°1 — Brésil vs Italie, 1994 : 120 minutes de néant et un penalty raté

Pasadena, Rose Bowl, 17 juillet 1994. La chaleur est suffocante, le soleil californien écrase la pelouse et les deux meilleures défenses du tournoi se livrent à un duel de regards sans jamais vraiment dégainer. Zéro but en 90 minutes. Zéro but en prolongation. Unique finale de toute l'histoire de la Coupe du Monde à s'être terminée sur un 0-0 après 120 minutes de jeu. Dans une compétition qui s'était jusqu'alors toujours résolue par le jeu, la FIFA dut recourir aux tirs au but pour la première et seule fois en finale.

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Roberto Baggio portait le numéro 10 et le destin de toute une nation sur ses épaules depuis des semaines. Il avait sauvé l'Italie à lui seul contre la Tchécoslovaquie, la Bulgarie, la Croatie. Il s'avança pour le dernier penalty, celui qui pouvait tout décider, et frappa au-dessus de la barre. Son regard perdu dans l'espace après ce tir, les mains sur les hanches, les yeux fermés : ce fut l'image du tournoi entier, et peut-être l'une des plus belles images de tristesse du football du XXe siècle. Le Brésil remportait son quatrième titre mondial, et pourtant cette victoire — légitimement acquise sur l'ensemble du tournoi — reste associée à une finale qui n'avait pas produit la moindre occasion véritablement mémorable. Arrigo Sacchi, sélectionneur italien d'un génie tactique reconnu, fut impuissant face à une adversité que le scénario du match n'avait jamais aidé à débloquer. Romário et Bebeto, deux des attaquants les plus prolifiques de cette Coupe du Monde, furent réduits à l'impuissance collective. C'est dire l'état de paralysie mutuelle qui s'était emparé des deux équipes.

Et maintenant, Espagne-Argentine : le droit à mieux

Ces trois finales ont en commun d'avoir trahi leurs promesses. Elles illustrent une vérité désagréable : l'enjeu extrême pousse parfois les équipes à renoncer à leur identité pour ne surtout pas perdre. Le résultat, souvent, c'est que tout le monde perd quelque chose — les équipes leur beauté de jeu, les spectateurs leur soirée. Le 19 juillet 2026 au MetLife Stadium, Espagne et Argentine portent chacune une identité forte et un bilan sans faille dans ce tournoi : cinq victoires consécutives pour l'Espagne de Luis De la Fuente Castillo, portée par le trio Gavi-Dani Olmo-Rodri ; cinq victoires en cinq matches également pour l'Argentine de Lionel Scaloni, avec un Lionel Messi de 38 ans qui dispute sans doute sa dernière finale mondiale aux côtés d'un Julián Álvarez en état de grâce. Ces deux équipes ont tout pour offrir une finale à la hauteur du mythe. L'histoire a montré que ce n'est pas garanti. Mais on a, cette fois, de bonnes raisons d'y croire.

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