🏆 Histoire · 2010

Coupe du Monde 2010 : Iniesta, Espagne, premier titre

Premier Mondial africain. Et l'Espagne du tiki-taka, championne d'Europe en titre, accroche enfin son étoile, sur un but d'Andrés Iniesta à la 116e minute.

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Palmarès
Vainqueur
EspagneEspagne
Finaliste
Pays-BasPays-Bas
Troisième
AllemagneAllemagne
Quatrième
UruguayUruguay
Finale : Espagne 1-0 (a.p.) Pays-Bas · Soccer City, Johannesburg
32
Équipes
64
Matchs
145
Buts
3179k
Spectateurs
Pays hôte
Afrique du SudAfrique du Sud
Dates
11 juin – 11 juillet 2010
Soulier d'Or
Thomas Müller (5 buts)
Ballon d'Or
Diego Forlán

Le 11 juin 2010, au Soccer City de Johannesburg, le football arrivait enfin en Afrique. Pour la première fois, la Coupe du Monde se tenait sur le continent africain. Nelson Mandela, quatre-vingt-douze ans, assistait à la cérémonie d'ouverture depuis sa loge. Le son des vuvuzelas — ces trompettes en plastique qui produisent un bourdonnement de ruche géante — couvrit toutes les conversations sportives de la planète pendant un mois entier.

Un tournoi de surprises et de vuvuzelas

La Coupe du Monde 2010 marqua les esprits autant par ses images que par son football. Les vuvuzelas, omniprésentes dans chaque stade, furent unanimement décriées par les commentateurs télévisés du monde entier, puis défendues comme un symbole culturel africain légitime. Elles restèrent. Elles furent interdites dans plusieurs compétitions suivantes.

La France implosa en direct. Une mutinerie dans le bus d'entraînement, une lettre de Nicolas Anelka expulsé qui circula dans la presse, Raymond Domenech au milieu de la tornade, joueurs grévistes refusant de s'entraîner. La France, troisième de son groupe avec un point, rentrait chez elle dans la honte. L'Italie championne sortante ne fit guère mieux : éliminée dès le premier tour. L'Angleterre fit la connaissance du célèbre but fantôme refusé à Frank Lampard — le ballon avait clairement franchi la ligne, l'arbitre n'avait rien vu. La FIFA finira par accepter la technologie de contrôle de la ligne de but en 2012, directement en réaction à cet épisode.

L'Espagne implacable

L'Espagne arrivait avec le statut de favorite absolue. Championne d'Europe 2008, elle venait de construire l'une des équipes les plus dominantes de l'histoire du football. Le système, hérité de l'Ajax et du Barça par Pep Guardiola et Johan Cruyff, avait été transposé à l'échelle nationale par Vicente del Bosque. Casillas dans les buts, Puyol et Piqué en défense, Sergio Busquets pivot, Xavi et Iniesta sur les côtés du milieu, David Villa en pointe.

Le tournoi ne fut pas sans accrocs. La défaite 0-1 contre la Suisse au premier match. La qualification dans la douleur. Les critiques sur le jeu trop posé, trop lent, sans efficacité. L'Espagne n'écoutait pas. Elle progressait match après match, battant le Paraguay 1-0 en quart sur penalty, l'Allemagne 1-0 en demi-finale sur une tête de Puyol à la 73e, dans un duel entre les deux équipes les plus en forme du tournoi.

Iniesta, 116e minute

La finale du 11 juillet à Soccer City opposait l'Espagne aux Pays-Bas. Les Néerlandais adoptèrent une stratégie physique, avec des tacles tardifs et des fautes répétées — huit cartons jaunes côté hollandais, dont un pour Nigel de Jong dont le coup de pied dans la poitrine de Xabi Alonso (taekwondo, selon les commentateurs) aurait mérité le rouge. Julio César Proença ne le sortit pas.

0-0 après quatre-vingt-dix minutes. Prolongation. À la 99e minute, Arjen Robben se retrouve seul face à Casillas après avoir éliminé plusieurs défenseurs espagnols. Casillas sort et plonge sur les pieds de Robben. Un arrêt qui sauva la finale. L'Espagne continua de tourner le ballon.

À la 116e minute, Cesc Fàbregas, entré en jeu, reçoit le ballon dans l'axe et lance d'une passe de la pointe du pied Andrés Iniesta à l'entrée de la surface droite. Iniesta contrôle, frappe du pied droit au ras du poteau. 1-0. Iniesta enlève son maillot, écrit le nom de Dani Jarque — son ancien coéquipier à l'Espanyol, décédé d'une crise cardiaque en 2009 — sur le t-shirt blanc qu'il porte dessous. L'Espagne est championne du monde pour la première fois de son histoire.

Diego Forlán, l'attaquant uruguayen qui avait marqué cinq buts et porté son pays en demi-finale (où l'Uruguay perdit 2-3 contre les Pays-Bas), reçut le Ballon d'Or du tournoi. Thomas Müller, vingt ans, le Soulier d'Or avec cinq buts. L'octopode Paul, pieuvre du zoo de Oberhausen qui avait prédit correctement les huit résultats impliquant l'Allemagne, devint l'animal le plus célèbre de l'année 2010. Il mourut de sa belle mort en octobre. L'Espagne, elle, conserverait son trône continental en 2012 avant de perdre le titre mondial en 2014. Le tiki-taka avait atteint ses limites, mais il avait d'abord tout gagné.

Phase à élimination directe

8e de finale(8)

UruguayUruguay
2-1
Corée du SudCorée du Sud
États-UnisÉtats-Unis
1-2
GhanaGhana
a.p.
AllemagneAllemagne
4-1
AngleterreAngleterre
ArgentineArgentine
3-1
MexiqueMexique
Pays-BasPays-Bas
2-1
SlovaquieSlovaquie
BrésilBrésil
3-0
ChiliChili
ParaguayParaguay
0-0
JaponJapon
a.p., 5-3 t.a.b.
EspagneEspagne
1-0
PortugalPortugal

Quart de finale(4)

Pays-BasPays-Bas
2-1
BrésilBrésil
UruguayUruguay
1-1
GhanaGhana
a.p., 4-2 t.a.b.
ArgentineArgentine
0-4
AllemagneAllemagne
ParaguayParaguay
0-1
EspagneEspagne

Demi-finale(2)

Pays-BasPays-Bas
3-2
UruguayUruguay
AllemagneAllemagne
0-1
EspagneEspagne

Match pour la 3e place

UruguayUruguay
2-3
AllemagneAllemagne

Finale

Pays-BasPays-Bas
0-1
EspagneEspagne
a.p.
Sources : Wikipedia (versions FR + EN cross-checkées), fiche 2010 FR, fiche 2010 EN, RSSSF, FIFA.com.
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