Avant la Coupe du Monde 1994, Diego Maradona joue son dernier match sous le maillot argentin à Dallas. Il inscrit un but saisissant contre la Grèce et court vers la caméra, les yeux exorbités, dans une image qui deviendra son épitaphe footballistique. Quelques jours plus tard, le contrôle positif à l'éphédrine. Suspension immédiate. Tournoi terminé pour lui. La Coupe du Monde se jouera désormais sans lui.
Le football aux États-Unis
Organiser la Coupe du Monde aux États-Unis en 1994 était un pari politique de la FIFA : imposer le football dans le seul grand pays occidental qui lui résistait. Le résultat dépassa toutes les espérances en termes de fréquentation : 3 587 538 spectateurs en 52 matchs, record d'affluence totale qui n'est toujours pas battu en 2025. Le Rose Bowl de Pasadena pour les demi-finales et la finale, Stanford, Giants Stadium, le Silverdome de Detroit pour les matchs sous toit.
Le tournoi lui-même révèle Hristo Stoïchkov (Bulgarie, demi-finale, Ballon d'Or à venir), Oleg Salenko (Russie, cinq buts dans un seul match contre Cameroun), Romário et Bebeto, duo brésilien en grande forme. L'image de Bebeto berçant un bébé imaginaire après son but contre les Pays-Bas — son fils venait de naître — fera le tour du monde.
Romário, Bebeto et le Brésil retrouvé
Le Brésil, privé de titre depuis 1970, a passé vingt-quatre ans à réfléchir à ses échecs. Sélectionneur : Carlos Alberto Parreira. Tactique : un 4-4-2 solide, sans les excès offensifs d'avant, mais avec Romário et Bebeto dans un tandem dévastateur. Les deux attaquants marqueront douze buts à eux deux dans le tournoi. Romário sera élu meilleur joueur. Le Brésil bat la Suède 1-0 en demi-finale.
Roberto Baggio et la finale du Rose Bowl
La finale du 17 juillet 1994 au Rose Bowl oppose le Brésil à l'Italie de Roberto Baggio. Baggio, le Divin Codino — en référence à sa queue de cheval —, avait porté l'Italie à la finale sur ses seules épaules. Cinq buts décisifs dont des doublés contre Nigeria et Bulgarie. C'est lui qui a maintenu les Azzurri en vie à chaque étape éliminatoire.
La finale se dispute à la chaleur accablante de Pasadena, 94 250 spectateurs, une torpeur qui pèse sur les jambes. 0-0 après quatre-vingt-dix minutes. 0-0 après les prolongations. Première finale de l'histoire de la Coupe du Monde à se jouer aux tirs au but.
Marcio Santos rate le premier tir brésilien. Puis Baresi rate pour l'Italie. Albertini marque, Romário marque, Branco marque. Maâzinho marque pour le Brésil. Le gardien Pagliuca sort sur Mazinho. Il reste Baggio. L'Italie doit marquer pour continuer. Roberto Baggio, qui avait sauvé l'Italie au moins trois fois dans le tournoi, s'élance. Sa frappe passe au-dessus de la barre d'un large demi-mètre.
L'image de Baggio les yeux fermés, les bras le long du corps, la queue de cheval dans le dos, sous le soleil de Pasadena — c'est l'une des images les plus célèbres de l'histoire du sport. Il ne dira jamais publiquement ce qu'il ressentait ce soir-là. Mais dans ses mémoires, des années plus tard, il écrira : « Ce penalty me suivra jusqu'à la fin de ma vie. »