Le rendez-vous de tous les superlatifs
Il y a des soirs où le football tient toutes ses promesses. Ce mardi 14 juillet, dans la fournaise texane de l'AT&T Stadium de Dallas/Arlington, la France et l'Espagne vont se disputer quelque chose de rare : une place en finale de Coupe du Monde. Ce n'est pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, qu'une toute première demi-finale entre deux nations qui se connaissent par cœur depuis plus d'un siècle de football. Le vainqueur poursuivra l'aventure vers le match ultime, le perdant prendra l'avion du retour. En cas d'égalité à l'issue du temps réglementaire, prolongation puis tirs au but trancheront.
Le parcours des Bleus : une machine de guerre offensive
Les hommes de Didier Deschamps arrivent à ce stade du tournoi dans un état de forme saisissant. Six matchs, six victoires, seize buts inscrits, deux encaissés : la France n'a laissé aucune prise à ses adversaires tout au long de la compétition. En phase de groupes, le Sénégal (3-1), l'Irak (3-0) et la Norvège (4-1) ont successivement plié. Puis la machine s'est poursuivie en phase à élimination directe : la Suède balayée (3-0) au seizième, le Paraguay écarté (1-0) en huitième, le Maroc dominé (2-0) en quart. Kylian Mbappé totalise 8 buts au compteur, Ousmane Dembélé 5, Bradley Barcola 2 et Désiré Doué 1. Une répartition des buteurs qui témoigne d'une attaque plurielle, capable de frapper de partout.
Le parcours de la Roja : solide, efficace, implacable
Luis De la Fuente Castillo a lui aussi conduit son équipe jusqu'aux quatre derniers avec une remarquable régularité. Six matchs, cinq victoires, un nul, onze buts inscrits, un seul encaissé : la Roja affiche le bilan défensif le plus solide du tournoi. Le départ fut poussif — un 0-0 frustrant contre le Cap-Vert en ouverture — mais l'Espagne a vite trouvé ses marques : 4-0 contre l'Arabie Saoudite, 1-0 contre l'Uruguay, puis la mécanique s'est enclenchée en phase à élimination directe. L'Autriche (3-0), le Portugal (1-0) et la Belgique (2-1) ont successivement été écartés. Mikel Oyarzabal domine les statistiques offensives avec 4 buts, devant Mikel Merino (2 buts), tandis que Lamine Yamal, Álex Baena, Pedro Porro et Fabián Ruiz ont chacun contribué.
Un classique européen chargé d'histoire
Près de quarante confrontations depuis 1922 font de France-Espagne l'un des grands classiques du football continental. La Roja mène le bilan global, mais les Bleus ont longtemps su se sublimer dans les moments décisifs. La finale de l'Euro 1984 au Parc des Princes reste gravée dans les mémoires : victoire 2-0, avec ce coup franc de Michel Platini passé sous Luis Arconada, premier titre majeur de l'histoire française. En Coupe du Monde, l'unique précédent remonte au huitième de finale 2006 à Hanovre, retourné 3-1 par les Bleus grâce notamment à Ribéry, Vieira et Zidane, après un penalty de David Villa pour les Espagnols. Plus récemment, la finale de la Ligue des Nations 2021 avait tourné en faveur de la France (2-1, Benzema et Mbappé).
Mais la dynamique récente sourit clairement à l'Espagne. En demi-finale de l'Euro 2024, la Roja avait éliminé les Bleus 2-1, avec ce bijou signé Lamine Yamal, 16 ans à peine, sur la route de son sacre continental. Et en demi-finale de la Ligue des Nations 2025 à Stuttgart, un match irréel s'était soldé 5-4 en faveur espagnole. Deux récentes claques dont les Bleus n'ont pas oublié le goût amer.



