Un rendez-vous historique sous les étoiles de Miami
Il n'avait jamais existé avant ce soir. Après des décennies de face-à-face en matchs amicaux ou en qualifications, la Norvège et l'Angleterre se retrouvent enfin sur la scène la plus exigeante qui soit : un quart de finale de Coupe du Monde. Au Hard Rock Stadium, le 11 juillet à 23h00 (heure de Paris), l'une de ces deux nations verra son aventure américaine s'arrêter net. Pas de deuxième chance, pas de lendemain. En cas d'égalité au terme du temps réglementaire, prolongation puis tirs au but trancheront. Voilà l'enjeu, brut et impitoyable.
La Norvège, machine de guerre venue du froid
Le parcours norvégien dans ce Mondial 2026 force le respect. Ståle Solbakken a conduit ses hommes à travers cinq rencontres avec une régularité de métronome, ne concédant qu'un seul accroc sérieux en phase de groupes. Dès l'entrée en lice le 17 juin, la Norvège écrase l'Irak 4-1, avec notamment un doublé inscrit par Erling Haaland et un but de Leo Østigård, le tout agrémenté d'un but contre son camp adverse. Quatre jours plus tard, le Sénégal résiste mieux mais s'incline 3-2 : Marcus Pedersen ouvre le score, Erling Haaland s'offre à nouveau une paire de buts. Le 26 juin, la France inflige un revers 4-1 aux Norvégiens — seul Thelo Aasgaard sauve l'honneur — mais cela ne remet pas en cause la qualification.
Vient alors la phase à élimination directe, et la Norvège hausse d'un cran. Le 30 juin, face à la Côte d'Ivoire, Antonio Nusa puis Erling Haaland signent une victoire 2-1 qui envoie les Vikings en huitièmes. Et là, le grand frisson : le 5 juillet, la Norvège élimine le Brésil 2-1, grâce à un nouveau doublé d'Erling Haaland. Sept buts au total dans le tournoi, dont trois en phase à élimination directe. Le chiffre parle de lui-même.
L'Angleterre, solide et clinique
De l'autre côté, Thomas Tuchel a imposé à l'Angleterre une rigueur tactique qui commence à porter ses fruits. Les Three Lions débutent le tournoi en fanfare le 17 juin avec une victoire 4-2 contre la Croatie : Harry Kane s'offre un doublé, Jude Bellingham et Marcus Rashford complètent l'addition. Le 23 juin, le match nul 0-0 contre le Ghana laisse un goût amer, révélant les limites offensives d'une équipe qui peut peiner à faire la différence. Mais le 27 juin, face à Panama, l'efficacité revient : Jude Bellingham puis Harry Kane s'illustrent pour un 2-0 propre et maîtrisé.
En seizième de finale le 1er juillet, l'Angleterre bat la RD Congo 2-1 grâce à un nouveau doublé de Harry Kane. Puis, le 6 juillet, face au Mexique dans un huitième haletant, les Anglais s'imposent 3-2 dans un match à rebondissements : Jude Bellingham claque un doublé, Harry Kane ajoute un cinquième but dans le tournoi. L'Angleterre avance, et ses deux hommes forts accumulent les réalisations décisives.
Quand l'histoire s'en mêle
Ce quart de finale est une première absolue entre les deux nations en Coupe du Monde, mais leur histoire commune est loin d'être vierge. Depuis 1937, les Anglais dominent le bilan global avec sept victoires contre deux, pour trois matchs nuls. Pourtant, ce sont les Norvégiens qui conservent les souvenirs les plus précieux, et ils sont tous liés aux qualifications mondiales. En 1981 à Oslo, la Norvège s'impose 2-1 dans un match entré dans la légende, immortalisé par le commentaire enflammé de Bjørge Lillelien. Puis en juin 1993, rebelote : un 2-0 net qui prive à nouveau l'Angleterre de Mondial. La dernière rencontre entre les deux nations, un amical où Wayne Rooney avait inscrit le but victorieux anglais, paraît bien loin de cet enjeu-là.



