Un rendez-vous sans droit à l'erreur
Los Angeles, SoFi Stadium, vendredi soir. L'Espagne et la Belgique savent ce qui les attend : une seule équipe passera la nuit suivante encore en vie dans cette Coupe du Monde 2026. L'autre sera éliminée. En cas d'égalité à l'issue du temps réglementaire, une prolongation de trente minutes s'imposera, puis, si rien n'est tranché, les tirs au but décideront du vainqueur. Deux nations aux trajectoires bien différentes depuis le coup d'envoi de ce Mondial nord-américain, mais qui se retrouvent au même carrefour : le dernier huit.
Le parcours de l'Espagne : la régularité comme socle
La Roja de Luis De la Fuente Castillo a démarré ce Mondial sur un faux rythme, concédant un 0-0 frustrant face au Cap-Vert le 15 juin. Mais la machine s'est rapidement mise en marche. Quatre jours plus tard, l'Arabie Saoudite en a fait les frais sur le score de 4-0, avec notamment un doublé de Mikel Oyarzabal et un but de Lamine Yamal. La phase de groupes s'est conclue par une victoire 1-0 contre l'Uruguay, signée Álex Baena, suffisante pour terminer en tête du groupe H.
Dans la phase à élimination directe, l'Espagne n'a pas tremblé. L'Autriche a été balayée 3-0 en seizième de finale, avec encore Mikel Oyarzabal en double buteur et Pedro Porro qui ouvrait son compteur. Puis, en huitième de finale, face au Portugal dans un duel ibérique à haute tension, un seul but a suffi : celui de Mikel Merino. Cinq matchs, quatre victoires, un nul, zéro défaite. L'Espagne arrive en quart de finale dans la peau d'une équipe solide et difficile à bousculer.
Le parcours de la Belgique : lente montée en puissance
Les Diables Rouges de Rudi Garcia ont eu besoin de temps pour trouver leur vitesse de croisière. Deux nuls d'entrée — 1-1 contre l'Égypte le 15 juin, puis 0-0 face à l'Iran le 21 — ont laissé planer le doute sur leur capacité à se montrer à la hauteur. La réponse est venue le 27 juin contre la Nouvelle-Zélande : 5-1, avec un doublé de Leandro Trossard, des buts de Kevin De Bruyne, Romelu Lukaku et Alexis Saelemaekers. Le réveil était brutal et spectaculaire.
En seizième de finale, la Belgique a eu chaud face au Sénégal. Menée ou bousculée, elle s'en est sortie 3-2, grâce notamment à un doublé de Youri Tielemans et un but de Romelu Lukaku. Puis, en huitième de finale, ce sont les États-Unis — pays hôte — qui ont subi la puissance belge : 4-1, avec un doublé de Charles De Ketelaere, un but de Hans Vanaken et un autre de Romelu Lukaku. Une équipe qui monte clairement en régime au fil des matchs, ce qui en fait une adversaire redoutable au moment précis où le tournoi atteint son point de non-retour.
Quand l'histoire parle
Entre ces deux nations, l'histoire commune en compétition officielle n'est pas si longue, mais elle est mémorable. La Belgique a longtemps eu le dessus sur la scène internationale dans les confrontations directes. À l'Euro 1980, les Diables Rouges s'imposaient 2-1 en phase de groupes. Puis vint le choc le plus emblématique : le quart de finale du Mondial 1986, un 1-1 après prolongation, que la Belgique remportait 5-4 aux tirs au but avant d'atteindre le dernier carré. L'Espagne avait répondu dès 1990 avec une victoire 2-1 en phase de groupes et a depuis pris nettement le dessus sur la scène internationale.



