Un quart de finale aux airs de rendez-vous historique
Il est 03h00, heure de Paris, quand l'Arrowhead Stadium de Kansas City accueillera l'un des chocs les plus attendus de ce Mondial 2026. D'un côté, une Argentine impériale, invaincue en cinq rencontres et portée par une efficacité redoutable. De l'autre, une Suisse solide, qualifiée au bout du suspense, qui rêve tout haut de faire tomber un mur vieux de soixante ans. Le vainqueur file en demi-finale. Le perdant prend le chemin du retour. En cas d'égalité à l'issue du temps réglementaire, prolongation et, si nécessaire, tirs au but trancheront.
L'Argentine, une machine à gagner depuis le coup d'envoi
Le parcours de l'Albiceleste dans cette Coupe du Monde 2026 force le respect. Dirigée par Lionel Sebastián Scaloni, l'équipe argentine a traversé la phase de groupes sans la moindre fausse note, enchaînant trois succès convaincants.
- Victoire 3-0 contre l'Algérie (17 juin), avec un triplé de Lionel Messi.
- Victoire 2-0 contre l'Autriche (22 juin), Lionel Messi encore décisif à deux reprises.
- Victoire 3-1 contre la Jordanie (28 juin), avec des buts de Giovani Lo Celso, Lautaro Martínez et Lionel Messi.
La phase à élimination directe n'a en rien entamé l'élan argentin, même si la résistance adverse s'est faite sentir. Contre le Cap-Vert en seizièmes (4 juillet), l'Argentine a dû batailler pour s'imposer 3-2, grâce notamment aux buts de Lionel Messi et Lisandro Martínez, doublés d'un but contre son camp adverse. En huitièmes, face à l'Égypte (7 juillet), le scénario fut identique : une victoire 3-2 arrachée, avec des réalisations signées Cristian Romero, Lionel Messi et Enzo Fernández. Quatorze buts inscrits en cinq matchs, un seul résultat : la victoire. L'Argentine débarque à Kansas City dans une forme intimidante.
La Suisse, l'école de la résistance et du sang-froid
Le chemin emprunté par la Suisse de Murat Yakin pour atteindre ce quart de finale raconte une tout autre histoire, faite de solidité, de combativité et de nerfs d'acier. Les Helvètes ont démarré leur tournoi par un nul 1-1 contre le Qatar (13 juin), Breel Embolo sauvant la mise. Puis la machine s'est lancée : une large victoire 4-1 contre la Bosnie-Herzégovine (18 juin), avec un double de Johan Manzambi, un but de Rubén Vargas et une réalisation de Granit Xhaka, avant un succès 2-1 contre le Canada (24 juin) grâce à Rubén Vargas et Johan Manzambi.
En phase à élimination directe, la Suisse a confirmé son tempérament. En seizièmes, elle a dominé l'Algérie 2-0 (3 juillet), Breel Embolo et Dan Ndoye signant les buts. Mais c'est en huitièmes que le caractère helvète a le plus brillé : un 0-0 contre la Colombie (7 juillet), prolongé jusqu'aux tirs au but, que la Suisse a remportés 4-3. Une qualification arrachée dans la douleur, mais une qualification quand même.
Soixante ans d'histoire à réécrire
Au-delà des parcours respectifs, ce quart de finale est chargé d'une signification particulière pour les deux nations. L'Argentine et la Suisse ne se sont croisées qu'à deux reprises en Coupe du Monde, et à chaque fois, l'Albiceleste a passé l'obstacle. Après un succès 2-0 en phase de groupes lors du Mondial 1966, leur duel le plus mémorable reste gravé dans les mémoires : en huitièmes de finale du Mondial 2014, un but à la 118e minute de la prolongation avait brisé le cœur d'une Suisse héroïque, qui avait pourtant tenu tête à l'Argentine pendant plus de deux heures. Ce buteur s'appelait Ángel Di María. Depuis 1966, la Suisse n'a d'ailleurs jamais battu l'Argentine en Coupe du Monde.



