Un groupe qui se dessine déjà
Le Groupe F n'a joué qu'une seule journée et les hiérarchies sont déjà bousculées. La Suède trône en tête avec trois points et un différentiel de buts spectaculaire, tandis que les Pays-Bas, sur le papier favoris du groupe avec leur huitième place au classement FIFA, doivent se contenter d'un petit point arraché en toute fin de match contre le Japon. Ce nul 2-2 concédé face aux Japonais le 14 juin a placé les hommes de Ronald Koeman dans une position inconfortable : un faux pas samedi soir au NRG Stadium de Houston et la qualification pourrait très vite se compliquer sérieusement.
La Suède : l'électrochoc de la compétition
Personne n'attendait vraiment une telle démonstration. La Suède de Graham Potter a tout simplement écrasé la Tunisie 5-1 lors de la première journée, affichant une efficacité offensive qui tranche radicalement avec ses dernières sorties en préparation. Il y a quelques semaines à peine, les Suédois s'inclinaient 3-1 en Norvège et ne faisaient que match nul contre la Grèce. La montée en puissance au moment où il le fallait est un signe qui mérite attention.
Dans ce collectif suédois animé par Potter — l'ancien technicien de Brighton et Chelsea —, plusieurs éléments offensifs se sont mis en évidence. Isak Lidberg, Momodou Lamin Sonko et Hugo Bolin forment un secteur offensif remuant, capable de varier les angles et de peser en profondeur. Emil Holm, le défenseur de la Juventus, apporte quant à lui équilibre et expérience sur le côté droit. Contre les Pays-Bas, il faudra bien davantage de solidité défensive, mais la confiance engendrée par ce 5-1 inaugural est un carburant précieux.
Les Pays-Bas : confirmer ou vaciller
Du côté orangé, le sentiment est plus mitigé. Le nul contre le Japon a mis en lumière des lacunes dans la gestion du résultat et une certaine fragilité défensive. En préparation, les signaux n'étaient pas tous au vert non plus : une défaite contre l'Algérie, un nul en Équateur, avant de se rassurer en battant l'Ouzbékistan. Ronald Koeman doit trouver les bons réglages, et il doit les trouver vite.
Le chantier défensif est le plus urgent. Stefan de Vrij, 34 ans et l'un des cadres de la charnière, devra diriger une arrière-garde qui ne peut plus se permettre de concéder aussi facilement. Dans l'entrejeu, Joey Veerman, Sem Steijn et Kenneth Taylor ont les qualités techniques pour prendre le contrôle du milieu de terrain, à condition de le faire avec plus d'intensité et de cohérence que face au Japon. À 24 ans, Steijn notamment sera l'un des joueurs à surveiller : sa capacité à créer et à dynamiser le jeu néerlandais sera déterminante.
Ce que ce match change au classement
La mécanique du Groupe F rend cette rencontre particulièrement décisive. La Suède, avec trois points, peut d'ores et déjà se rapprocher d'une qualification en cas de victoire. Les Pays-Bas, eux, ont l'obligation de gagner pour rester maîtres de leur destin avant la troisième journée. Un nouveau nul les laisserait avec deux points, à la même enseigne que le Japon, dans un groupe où la Suède prendrait une longueur d'avance confortable. Une défaite, et le scénario catastrophe devient envisageable pour une équipe classée huitième mondiale.
La Tunisie, déjà à zéro point et -4 au goal-average, semble vouée à jouer les utilités. Le vrai duel pour les deux places qualificatives — ou pour décrocher la troisième place qui peut aussi ouvrir des droits en cas de beau classement parmi les meilleurs troisièmes — se jouera donc principalement entre ces trois nations européennes : Pays-Bas, Suède et Japon.



