Harry Kane, Angleterre (Iconsport)
Avant-match

Mexique intraitable à l'Azteca, l'Angleterre peut-elle survivre ?

Harry Kane, Angleterre (Iconsport)

Dans la nuit de dimanche à lundi, l'Estadio Azteca accueille un huitième de finale de gala entre un Mexique en feu et une Angleterre sérieuse mais pas irréprochable. Un seul billet pour les quarts, aucun droit à l'erreur.

LLa rédactionMis à jour à 11h355 min de lecture
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L'Azteca comme forteresse mexicaine

Il y a des stades qui pèsent dans les jambes et dans les têtes. L'Estadio Azteca, à 2 240 mètres d'altitude, en est l'incarnation absolue. C'est ici que la Coupe du Monde 2026 a été lancée le 11 juin, c'est ici que le Mexique a remporté ses quatre matchs jusqu'à présent sans trembler. Ce lundi 6 juillet à 02h00 (heure de Paris), le Tri reçoit l'Angleterre pour ce qui s'annonce comme l'un des chocs les plus électriques de la phase à élimination directe. Le vainqueur file en quarts de finale. Le perdant rentre chez lui. En cas d'égalité après 90 minutes, prolongation puis tirs au but.

Un Mexique en état de grâce

On ne pouvait pas imaginer meilleur scénario pour le Mexique à domicile. Javier Aguirre a construit une machine à gagner depuis le début du tournoi : quatre victoires en quatre matchs, douze buts marqués, zéro défaite. Après avoir dominé la Corée du Sud (1-0) et l'Afrique du Sud (2-0) dans la phase de groupes, les Mexicains ont pris la mesure de la Tchéquie (3-0) avant d'écarter l'Équateur (2-0) au tour précédent. Une progression logique, solide, portée par une attaque variée et une défense qui n'a pas craqué.

Santiago Gimenez est l'homme à surveiller en premier lieu. L'attaquant de l'AC Milan, 25 ans, incarne la nouvelle génération mexicaine : mobile, technique, capable de faire la différence dans les petits espaces. À ses côtés, Raúl Jiménez apporte l'expérience d'un joueur de 34 ans qui connaît tous les grands tournois, tandis qu'Edson Álvarez, sentinelle de Fenerbahçe, contrôle les flux au milieu de terrain avec une autorité rare. L'Azteca, sous ses 80 000 spectateurs en transe, sera le douzième homme mexicain — un avantage que les Three Lions ne connaissent pas.

Une Angleterre solide mais perfectible

Thomas Tuchel, lui, gère une équipe anglaise qui avance sans se griller. Les Three Lions ont terminé leur phase de groupes avec deux victoires et un nul (0-0 contre le Ghana, une performance sans relief), avant de s'imposer 2-1 contre la RD Congo au dernier tour. Ce n'est pas flamboyant, mais l'Angleterre sait aussi souffrir et gérer. Harry Kane, 32 ans et toujours aussi décisif au Bayern Munich, reste le point de référence offensif : son sens du placement et sa capacité à surgir sur les moments clés en font l'un des attaquants les plus dangereux du tournoi.

Jude Bellingham, 22 ans, est l'autre pièce maîtresse de ce dispositif. Le milieu du Real Madrid peut basculer un match à lui seul, comme il l'a déjà prouvé sur les grandes scènes européennes. Bukayo Saka apporte sa vivacité sur le flanc droit, et Declan Rice structure le jeu derrière avec sérieux. Le problème anglais réside peut-être dans l'irrégularité : entre l'explosion face à la Croatie (4-2) et la fébrilité contre le Ghana, la cohérence n'est pas encore totale. Dans un stade qui rugit contre vous, cette inconstance peut coûter cher.

Le duel clé : Álvarez contre Bellingham

Si l'on devait résumer le fond tactique de cette rencontre à un duel, ce serait bien celui-là. Edson Álvarez, chien de garde implacable dans l'entrejeu mexicain, face à Jude Bellingham, génie créatif qui déteste les cages. Álvarez aura pour mission de coller l'Anglais, de lui couper les lignes, de l'empêcher de s'élever. Bellingham, de son côté, cherchera les espaces dans le dos du milieu mexicain, ces zones grises où il est le plus dangereux. Celui qui prend l'ascendant dans ce registre orientera très probablement l'issue du match.

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Un historique qui penche

Les confrontations entre ces deux nations en Coupe du Monde restent rares, mais la mémoire collective mexicaine garde bien en tête des matchs à élimination directe souvent douloureux pour le Tri. Cette fois, l'avantage du terrain et une dynamique exceptionnelle font du Mexique le favori logique à domicile. L'Angleterre, de son côté, présente au palmarès le titre de 1966 — seul sacre mondial de son histoire — et une ambition intacte de retrouver les sommets après des années de déceptions.

Le verdict de l'Azteca

Ce huitième de finale a tous les ingrédients d'un grand moment de football : la pression de l'altitude, l'atmosphère unique de l'Azteca, deux sélections portées par des individualités capables de tout changer sur une action. Le Mexique arrive gonflé à bloc, porté par son public et une série impressionnante. L'Angleterre arrive avec ses doutes mais aussi sa profondeur de banc et son expérience des matchs à enjeu. Une chose est certaine : en phase à élimination directe, la moindre erreur se paie cash.

Les effectifs

Mexique

Gardiens : Raúl Rangel (1), Carlos Acevedo (12), Guillermo Ochoa (13).

Défenseurs : Jorge Sánchez (2), César Montes (3), Johan Vásquez (5), Israel Reyes (15), Mateo Chávez (20), Jesús Gallardo (23).

Milieux : Edson Álvarez (4), Érik Lira (6), Luis Romo (7), Álvaro Fidalgo (8), Orbelín Pineda (17), Obed Vargas (18), Gilberto Mora (19), César Huerta (21), Luis Chávez (24), Brian Gutiérrez (26).

Attaquants : Raúl Jiménez (9), Alexis Vega (10), Santiago Gimenez (11), Armando González (14), Julián Quiñones (16), Guillermo Martínez Ayala (22), Roberto Alvarado (25).

Angleterre

Gardiens : Jordan Pickford (1), Dean Henderson (13), James Trafford (23).

Défenseurs : Ezri Konsa (2), Nico O'Reilly (3), John Stones (5), Marc Guéhi (6), Tino Livramento (12), Dan Burn (15), Reece James (24), Djed Spence (25), Jarell Quansah (26).

Milieux : Declan Rice (4), Elliot Anderson (8), Jude Bellingham (10), Jordan Henderson (14), Kobbie Mainoo (16), Morgan Rogers (17), Eberechi Eze (21).

Attaquants : Bukayo Saka (7), Harry Kane (9), Marcus Rashford (11), Anthony Gordon (18), Ollie Watkins (19), Noni Madueke (20), Ivan Toney (22).

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