Un groupe K qui se dessine déjà
Quarante-huit heures à peine après le coup d'envoi de la phase de groupes, le Groupe K a déjà une tête. La Colombie trône en tête avec trois points et un bilan flatteur, tandis que le Portugal et la RD Congo se tiennent dans un mouchoir à un point chacun, et que l'Ouzbékistan ferme la marche sans le moindre point. Ce deuxième match entre Colombiens et Congolais, programmé mercredi 24 juin à 04h00 (heure de Paris) à l'Estadio Akron de Guadalajara, pourrait ainsi tracer une frontière nette entre ceux qui filent vers les huitièmes de finale et ceux qui devront se battre jusqu'au bout pour survivre.
La Colombie en pleine confiance
Les Cafeteros arrivent dans ce match portés par une belle dynamique. Victorieux 3-1 face à l'Ouzbékistan lors de la première journée, ils ont montré un visage conquérant et efficace. L'entraîneur Néstor Gabriel Lorenzo peut se féliciter d'une équipe qui joue juste, qui marque et qui assume son rang de 13e nation mondiale au classement FIFA.
La forme récente est également encourageante : avant le Mondial, la Colombie avait enchaîné des victoires convaincantes contre la Jordanie (2-0) et le Costa Rica (3-1) lors de matchs amicaux, même si des revers face à la France (1-3) et la Croatie (1-2) avaient rappelé que les grandes équipes savent les punir. Mais dans ce groupe, la Colombie est clairement la nation la plus armée sur le papier.
Les joueurs à suivre côté colombien sont nombreux. Le jeune Jhon Durán, 22 ans, évolue désormais sous les couleurs du Zenit et représente une menace constante dans la surface adverse. Yáser Asprilla, également 22 ans et pensionnaire de Galatasaray, apporte vitesse et créativité sur le flanc offensif. Rafael Borré, plus expérimenté, assure le liant dans l'animation offensive. Une victoire ce soir propulserait la Colombie à six points avant le dernier match de groupe, la mettant dans une position quasi assurée de qualification.
La RD Congo, le surprenant du groupe
Si la Colombie incarne la logique sportive, la RD Congo en est la belle surprise. Les Léopards ont arraché un nul 1-1 face au Portugal lors de la première journée — un résultat qui a fait l'effet d'un coup de tonnerre. Tenir en échec la cinquième nation mondiale, c'est un exploit qui mérite d'être salué, et qui prouve que cette équipe dirigée par le Français Sébastien Desabre est loin d'être venue faire de la figuration à ce Mondial.
Ce résultat prend d'autant plus de valeur que la préparation congolaise n'avait pas été parfaite : une défaite 1-2 contre le Chili à domicile et un nul 0-0 en déplacement au Danemark avant le tournoi laissaient planer quelques doutes. Mais face au Portugal, les Congolais ont montré un bloc solide et une capacité à faire mal en contre-attaque.
Côté joueurs à suivre, l'attaquant Samuel Essende et son partenaire Kazema Baso seront les hommes à surveiller pour faire douter la défense colombienne. Au milieu, M. Stroeykens et Linda Mtange seront chargés de récupérer et de relancer proprement. Défensivement, le duo Heltone Kayembe Mujanay et Osée Ndombele Lutaladio devra se montrer aussi solide que face aux Portugais.
Ce que ce match change au classement
L'arithmétique est simple mais cruelle. En cas de victoire colombienne, la Colombie atteindrait six points et se retrouverait dans une position de quasi-qualifiée avant même de jouer son dernier match. La RD Congo, avec toujours un point, resterait dans l'incertitude totale et devrait battre l'Ouzbékistan lors de la dernière journée tout en espérant un coup de pouce du Portugal.
Un nul entre les deux équipes maintiendrait un suspense total dans le groupe : Colombie à quatre points, RD Congo et Portugal à deux, un scénario qui rendrait la dernière journée absolument indécise. Quant à une victoire congolaise — scénario a priori moins probable mais que l'on n'osera pas écarter après ce qu'ils ont fait au Portugal —, elle ferait basculer complètement la hiérarchie du groupe.



