La Roja sous pression malgré son statut
On attendait l'Espagne en conquérante, et pourtant le doute s'est installé. Dans la dernière ligne droite avant le coup d'envoi de la compétition, la sélection de Luis De la Fuente a livré des prestations en demi-teinte. Une défaite au Pérou, un match nul contre l'Irak, un autre partage face à l'Égypte : la machine espagnole tourne au ralenti. Rien de rédhibitoire pour une équipe habituée à monter en puissance, mais suffisamment pour alimenter les questions avant ce premier rendez-vous crucial du Groupe H.
Deuxième nation mondiale au classement FIFA, l'Espagne sait néanmoins ce que représente un Mondial : le statut ne suffit pas. Les deux dernières éditions, soldées à chaque fois par une élimination en huitièmes de finale, ont laissé des traces. Luis De la Fuente a reconstruit, repensé, et conduit la sélection vers ce Mondial américain avec l'ambition de retrouver le sommet, seize ans après le sacre sud-africain de 2010.
Le Cap-Vert, outsider assumé et surprise possible
En face, le Cap-Vert écrit déjà une page d'histoire. Les Requins Bleus disputent leur toute première Coupe du Monde, une première participation qui a de quoi faire rêver tout un archipel. Sous la houlette de Pedro Leitão Brito, l'équipe est arrivée en forme : deux victoires nettes dans la préparation, notamment un large succès face à la Serbie, ont confirmé que ce Cap-Vert ne vient pas en simple figurant.
L'archipel peut s'appuyer sur un groupe mêlant expérience et jeunesse. À 35 ans, Nuno Da Costa reste le totem offensif de cette sélection, buteur instinctif capable de faire mal à n'importe quelle défense sur un éclair. Autour de lui, une génération montante s'est affirmée : Hélio Varela, Dailon Livramento ou encore Sidny Cabral, formé à Benfica, apportent une fraîcheur et une qualité technique indéniables. Ce Cap-Vert a le talent pour créer la surprise, et il le sait.
Les joueurs à suivre
- Daniel Carvajal (Espagne) : le latéral du Real Madrid, à 28 ans, incarne la rigueur défensive et la créativité offensive qui caractérisent le jeu espagnol. Sa capacité à peser dans les deux surfaces sera déterminante.
- Ayoze Gutiérrez (Espagne) : l'attaquant de 32 ans devra porter le poids du but. Dans un collectif qui cherche encore sa fluidité, sa palette technique et son sens du mouvement seront des atouts précieux.
- Nuno Da Costa (Cap-Vert) : le doyen de l'attaque capverdienne est un poison dans la surface. À 35 ans, il n'a rien perdu de son instinct de finisseur et pourrait être le symbole de cette première historique.
- Laros Duarte (Cap-Vert) : le milieu de terrain sera la clé de voûte du projet capverdien. Sa capacité à récupérer, distribuer et presser haut déterminera en grande partie la solidité des Requins Bleus face à la possession espagnole.
Un Groupe H à ne pas prendre à la légère
Dans un groupe qui comprend également l'Uruguay et l'Arabie Saoudite, chaque point compte dès le départ. Pour l'Espagne, une entrée en matière laborieuse face au dernier de la hiérarchie FIFA du groupe serait un signal alarmant. Pour le Cap-Vert, un résultat positif ouvrirait des perspectives inespérées dans la course à la qualification pour les seizièmes de finale — le nouveau format à 48 équipes offrant davantage de portes de sortie.



