Un groupe B en apesanteur
Il est rare de voir un groupe aussi parfaitement équilibré après une première journée. Canada, Bosnie-Herzégovine, Qatar et Suisse : quatre équipes, quatre points nuls, un point chacune, zéro goal average. Autant dire que le Groupe B est une ardoise vierge, et que tout reste à écrire. Ce mercredi au Lumen Field de Seattle, Bosnie-Herzégovine et Qatar ont l'occasion de prendre les commandes. Mais la pression est également répartie : personne n'a le droit de trébucher une deuxième fois sans voir la qualification s'éloigner dangereusement.
La Bosnie, solide mais sans éclat
Le nul 1-1 arraché face au Canada lors de la première journée illustre bien la Bosnie-Herzégovine de Sergej Barbarez : une équipe difficile à manœuvrer, organisée défensivement, mais qui peine encore à imposer son jeu offensivement. En préparation, les Zmajevi avaient enchaîné un nul vierge à domicile contre la Macédoine puis un nul 1-1 en déplacement contre Panama : trois matchs consécutifs sans victoire avant d'aborder ce Mondial. Ce n'est pas une équipe qui régale, mais c'est une équipe qui tient. Sur un terrain de Coupe du Monde, cette solidité est une base de travail. Reste à savoir si Barbarez peut libérer davantage ses joueurs offensivement face à un Qatar qu'il sait prenable.
Dans une équipe qui s'appuie sur un collectif discipliné, l'expérience de Sead Kolašinac en défense est une garantie de sérieux. L'arrière latéral d'Atalanta, habitué aux grands rendez-vous européens, apporte une stabilité précieuse. Devant, les regards se tournent vers Amar Dedić, le latéral de Benfica capable de faire la différence dans les couloirs, et Benjamin Tahirovic, le milieu de terrain qui doit dicter le tempo face à des adversaires qui défendront en bloc.
Le Qatar de Lopetegui : la surprise du premier tour
Personne n'attendait vraiment le Qatar à ce niveau, et pourtant. Le nul 1-1 concédé à domicile face à la Suisse lors de la première journée ressemble à un exploit pour une sélection qui avait été battie 0-1 par l'Irlande en préparation. Sous les ordres de Julen Lopetegui, l'architecte espagnol qui sait faire défendre bas et repartir vite, la sélection qatarie a montré un visage nettement plus combatif que lors de son élimination au premier tour du Mondial 2022, sur ses propres terres. Ce résultat constitue un vrai point de départ pour une équipe longtemps considérée comme la plus faible du groupe.
L'attaquant Ahmed Al-Rawi, 21 ans, est le nom à retenir dans les rangs qataris : jeune, rapide, capable de surgir dans les espaces. À ses côtés, le vétéran Ismail Mohamad, 36 ans, apporte l'expérience d'un joueur qui a traversé bien des campagnes. Abdullah Al-Ahrak au milieu sera lui chargé d'orchestrer les transitions, pierre angulaire du système Lopetegui qui repose sur la fluidité et la discipline tactique.
Ce que change ce match au classement
Les mathématiques sont simples et impitoyables. En cas de victoire ce mercredi, le vainqueur prend seul la tête du groupe avec quatre points, dans l'attente du résultat de Canada-Suisse. Une défaite, en revanche, ne condamne pas encore définitivement, mais réduit considérablement la marge d'erreur lors de la troisième journée. Un deuxième nul maintiendrait les deux équipes dans le ventre mou, à deux points, avec une pression maximale pour le dernier match. Dans un format à 48 équipes où les huit meilleurs troisièmes sont également qualifiés pour les 16es de finale, rien n'est mathématiquement perdu avec deux points, mais l'expérience enseigne qu'il ne faut pas s'en remettre au repêchage quand on a l'occasion de valider sa qualification par ses propres moyens.
L'historique : des terres encore vierges
Aucun élément d'historique entre ces deux sélections n'est disponible, ce qui en dit long sur la rareté des rencontres entre une nation balkanique et une nation du Golfe. Ce sera donc une confrontation inédite à ce niveau de compétition, sans complexe ni ascendant psychologique d'un côté comme de l'autre. Tout reste à construire, ce mercredi soir à Seattle.



