Un groupe H sous haute tension
Il est des matchs qui, dès le tirage au sort, sonnent comme une alerte rouge. Le Groupe H de cette Coupe du Monde 2026 en est un parfait exemple. Avec l'Espagne — deuxième nation mondiale au classement FIFA — comme tête de série, le Cap-Vert, l'Arabie Saoudite et l'Uruguay complètent une poule où chaque point compté pourrait valoir de l'or. Car à 48 équipes, le format laisse théoriquement de la place, mais la hiérarchie de ce groupe impose aux deux équipes qui s'affrontent cette nuit de se montrer rapidement. Perdre d'entrée, c'est déjà courir après son destin.
L'Arabie Saoudite, un projet en construction
Sous les ordres du technicien grec Giorgios Donis, la Verte cherche à renouer avec ses grandes heures. La sélection saoudienne affiche un bilan amical contrasté à l'approche du tournoi : une victoire contre l'Équateur, un nul face au Sénégal, mais aussi une lourde défaite concédée contre l'Égypte et un revers face à la Serbie. Le collectif reste à affiner, et les matchs de préparation ont autant soulevé de questions que fourni de réponses.
L'équipe s'appuie sur un noyau dur évoluant dans le championnat saoudien, ce qui pose la question de l'exposition internationale. Quelques noms retiennent l'attention : Ahmed Al-Ghamdi, attaquant de 24 ans formé à Al-Ittihad, pourrait apporter du dynamisme dans l'axe. Le jeune gardien Hamed Al-Shanqity, seulement 20 ans, pourrait se voir confier les gants pour ce premier test de vérité. Et l'ailier Marwan Alsahafi, qui évolue à Anvers et donc frotte quotidiennement avec le foot européen, sera l'un des éléments à observer avec attention.
Le meilleur résultat saoudien en Coupe du Monde reste un huitième de finale, atteint lors de l'édition 1994. Depuis, la Verte n'a plus dépassé la phase de groupes. L'objectif est donc clair : retrouver une compétitivité perdue.
L'Uruguay de Bielsa, une machine à pression
De l'autre côté, la Celeste débarque sous la houlette d'un entraîneur qui n'a jamais laissé indifférent : Marcelo Bielsa. L'Argentin, connu pour son intensité tactique et ses exigences physiques hors normes, a repris en main un groupe uruguayen qui avait connu une sortie prématurée lors du Mondial 2022, en phase de groupes. La mission est de remettre l'Uruguay là où son histoire l'appelle : au sommet, ou du moins parmi les grands.
Car l'Uruguay, c'est deux titres mondiaux au compteur — une légende vivante du football. Et même si la dernière génération dorée, celle de Suárez et Cavani, a progressivement laissé la place, le vivier ne manque pas de talent. Lucas Torreira, milieu rugueux de Galatasaray, incarne l'âme combattante de cette équipe. Nicolás de la Cruz, maître à jouer de Flamengo, apporte la créativité. En défense, Joaquín Piquerez (Palmeiras) et Guillermo Varela (Flamengo) ont l'habitude des grandes scènes brésiliennes. Et devant, des noms jeunes comme Nicolas Azambuja, 18 ans seulement, ou Cristian Olivera, 24 ans, attisent la curiosité.
La préparation uruguayenne est partiellement dans le brouillard — peu de matchs amicaux connus avec précision avant le tournoi — mais l'empreinte Bielsa, elle, ne trompe pas : cette équipe sera organisée, intense, et ne fera aucun cadeau.
Les enjeux de la soirée
Pour l'Arabie Saoudite, un résultat positif face à l'Uruguay serait une véritable déclaration d'intentions dans ce groupe. Les Saoudiens savent que le match contre l'Espagne s'annonce périlleux, et que le Cap-Vert ne sera pas non plus une promenade de santé. Autant dire que ce premier match est presque une finale avant l'heure.
Pour l'Uruguay, même logique. Bielsa n'est pas homme à jouer le calcul ou la prudence — s'attendre à voir la Celeste presser haut, jouer vite, tenter d'imposer son rythme dès les premières minutes. Un succès ce soir leur donnerait un coussin confortable avant d'affronter l'Espagne.



