Un sommet de groupe inattendu
Personne n'aurait parié sur ce scénario avant le coup d'envoi de la compétition : à l'issue de la première journée du Groupe L, c'est bien l'Angleterre et le Ghana qui caracolent en tête avec trois points chacun, laissant la Croatie et le Panama se morfondre en bas de tableau. Le choc de la deuxième journée, mardi 23 juin à 22h00 (heure de Paris) au Gillette Stadium de Foxborough, prend donc une dimension bien supérieure à ce que l'écart de classement FIFA entre les deux équipes — 4e contre 73e mondiale — aurait pu laisser supposer.
L'Angleterre veut confirmer, Tuchel exige la régularité
Sous les ordres de Thomas Tuchel, les Three Lions ont frappé fort d'entrée en écrasant la Croatie 4-2. Une victoire convaincante dans l'ensemble, même si les deux buts encaissés rappellent que la défense anglaise n'est pas infaillible. Avant la compétition, l'équipe avait enchaîné des succès encourageants en matchs amicaux contre le Costa Rica (3-0) et la Nouvelle-Zélande (1-0), confirmant une dynamique positive. Seule ombre au tableau récent : une défaite 0-1 au Japon en mars, qui avait mis en lumière une certaine fragilité loin des bases. Tuchel sait qu'une deuxième victoire de rang offrirait à l'Angleterre un boulevard vers les huitièmes de finale, avec six points avant la dernière journée.
Sur le plan offensif, les regards se tournent naturellement vers Mohammed Kudus... du côté adverse. Mais chez les Anglais, c'est la créativité de Morgan Gibbs-White et l'influence de Trent Alexander-Arnold — capable de peser autant à la construction qu'en phase offensive — qui seront à surveiller. Jack Grealish, lui, cherchera à confirmer son impact dans ce Mondial après une entame prometteuse.
Le Ghana, la belle surprise : ne pas gâcher
La victoire 1-0 du Ghana contre Panama en ouverture a valeur de signal fort. Les Black Stars, dont la préparation avait été chaotique — défaite 1-5 contre l'Autriche, 0-2 au Mexique, 1-2 en Allemagne avant le tournoi —, ont su faire le dos rond et se montrer efficaces quand il le fallait. Carlos Queiroz, sélectionneur expérimenté au curriculum fourni, a visiblement réussi à transformer cette équipe décriée en bloc compact et difficile à manœuvrer.
L'homme à surveiller est tout désigné : Mohammed Kudus. L'attaquant de Tottenham, 25 ans, est le joueur le plus bankable offensivement dans ce groupe ghanéen. Sa capacité à créer le danger balle au pied, dans les petits espaces, sera un vrai casse-tête pour la défense anglaise. Autour de lui, Ibrahim Sulemana (22 ans, Cagliari) apporte de la percussion au milieu, tandis qu'Abu Francis (Toulouse FC) assure l'équilibre. Défensivement, Alexander Djiku et Derrick Köhn forment un duo solide, mais ils seront soumis à rude épreuve face au potentiel offensif anglais.
Ce que le classement impose comme stratégie
Le tableau du Groupe L est limpide : une victoire ce soir propulse le vainqueur à six points, le qualifiant quasi-mathématiquement pour le tour suivant avant même la troisième journée. En cas de nul, les deux équipes restent à quatre points avec encore une rencontre à jouer — une position toujours confortable, mais qui laisse la porte entrouverte à un scénario de tension. Le perdant, avec trois points, se retrouve contraint de battre son dernier adversaire et d'espérer un résultat favorable de l'autre match pour assurer sa qualification.
Rappelons que dans ce Mondial à 48 équipes, les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés d'office pour les huitièmes de finale, auxquels s'ajoutent les huit meilleurs troisièmes. Une troisième place n'est donc pas synonyme d'élimination automatique, mais mieux vaut ne pas laisser ce calcul au hasard.



