Supporters de l'Equipe de France (Iconsport)
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Seizièmes, huitièmes, quarts : on a simulé les deux chemins possibles de la France

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France-Norvège, ce 26 juin à Boston, n'a l'air de rien : deux équipes déjà qualifiées, une simple première place en jeu. Sauf que de ce match dépend tout le reste — l'adversaire des seizièmes, la ville où l'on dort, et le visage des prétendants croisés jusqu'aux portes du dernier carré. Projection, tour par tour.

LLa rédactionMis à jour à 13h425 min de lecture
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Une première place qui n'a rien d'honorifique

Sur le papier, le scénario est tranquille. Après deux victoires sans bavure — 3-1 contre le Sénégal, 3-0 contre l'Irak —, la France a déjà composté son billet pour les seizièmes. La Norvège aussi, portée par un Erling Haaland déjà auteur de cinq buts en deux matchs. Les deux ténors du Groupe I se retrouvent vendredi soir au Gillette Stadium de Boston pour ce qui ressemble, à tort, à un match pour la galerie.

Car le format inédit de cette Coupe du monde à 48 équipes a changé les règles du calcul. Pour la première fois, la phase à élimination directe s'ouvre par un tour de seizièmes de finale réunissant les deux premiers de chaque groupe et les huit meilleurs troisièmes. Et l'identité de l'adversaire dépend entièrement du rang final — un casse-tête où la FIFA recense des centaines de combinaisons. Concrètement : un nul suffit aux Bleus pour finir premiers, grâce à leur différence de buts (+5 contre +4). Mais une défaite les fait basculer dans une autre dimension du tableau. Comme l'a lui-même reconnu Didier Deschamps, ce troisième match « a des conséquences, ce ne sont pas les mêmes déplacements ni forcément les mêmes équipes ». Voici lesquelles.

Scénario 1 — La France finit première : le couloir du Nord-Est

C'est le chemin que Deschamps et son staff réclame ouvertement. En cas de victoire ou de nul, les Bleus s'installent en tête du Groupe I et héritent du parcours réservé aux têtes de série.

Seizième de finale — mardi 30 juin, MetLife Stadium, New York/New Jersey. Premiers, les Bleus affrontent un meilleur troisième. La projection actuelle envoie la Suède, troisième probable du Groupe F, dans le stade même de la finale. Symbole fort : disputer son entrée en éliminatoire sur la pelouse du 19 juillet, c'est répéter le décor du sacre rêvé. Sur le terrain, un troisième de groupe est par nature une équipe émoussée, qualifiée du bout des ongles — l'adversaire le plus abordable que le tableau puisse offrir à ce stade. Et l'on reste dans le Nord-Est, à deux pas du camp de base, sans le surcoût d'un long déplacement transcontinental.

Huitième de finale — samedi 4 juillet, Philadelphie. En cas de qualification, la suite logique du bracket place les Bleus face au vainqueur du seizième opposant l'Allemagne (premier probable du Groupe E) au Paraguay. Autrement dit : un choc potentiel face à la Mannschaft, l'un des poids lourds historiques du tournoi, dès les huitièmes. C'est là que le chemin du premier se corse — mais après un seizième maîtrisé, pas avant.

Quart de finale — jeudi 9 juillet, Boston. Plus loin, la branche débouche sur un quart où patientent les vainqueurs du secteur Pays-Bas / Maroc et Espagne / Autriche. Un France-Espagne au stade des quarts se dessinerait précisément ici — choc entre deux des tout meilleurs collectifs du tournoi. De quoi donner le vertige, et la mesure de ce qui se joue vraiment vendredi.

Scénario 2 — La France finit deuxième : le piège de Dallas

Tout bascule si la Norvège s'impose. Deuxièmes, les Bleus quittent le couloir du Nord-Est et changent de moitié de tableau, avec une entame nettement plus rugueuse.

Seizième de finale — mardi 30 juin, AT&T Stadium, Dallas. Pas de meilleur troisième en guise de mise en jambe : le deuxième du Groupe I affronte directement le deuxième du Groupe E, soit, en l'état, la Côte d'Ivoire (ou l'Équateur selon les derniers résultats). Un véritable match-piège face à une nation aguerrie et taillée pour la gagne — tout sauf un repêché. Et il faut filer à Dallas, sous la chaleur texane, loin du confort du camp de base : un déplacement bien plus lourd, à 48 heures d'intervalle.

Huitième de finale — lundi 6 juillet, Mexico. En franchissant l'obstacle ivoirien, les Bleus débouchent sur un huitième face au vainqueur du seizième opposant le Brésil (premier probable du Groupe C) au Japon (deuxième du Groupe F). Autrement dit, dès le deuxième tour, un possible France-Brésil — l'affiche planétaire par excellence, choc entre deux des plus grandes nations du football, avec le Japon en outsider capable de bousculer la hiérarchie comme il l'avait fait en 2022. On change radicalement de standing par rapport au meilleur troisième promis aux premiers : ici, c'est un cador d'entrée de tableau.

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Au-delà, ce versant peut masser d'autres gros bras et le chemin croise plus tôt des adversaires de premier plan. La marche est plus raide dès le premier pas, et chaque tour suivant s'annonce plus exigeant. Rien de rédhibitoire pour une équipe du calibre des Bleus — mais, indéniablement, le scénario de la difficulté accrue.

Mbappé contre Haaland, et une consigne en une ligne

L'affiche de vendredi tient aussi en un face-à-face de feu : Mbappé contre Haaland, même s'ils ne se croiseront jamais ballon au pied. Le capitaine français, étincelant avec quatre buts en deux matchs et tout juste auteur d'une 100e sélection à marquer l'histoire, contre le buteur chirurgical de Manchester City, déjà cinq réalisations au compteur. Le vrai duel se jouera ailleurs, au milieu : Tchouaméni face à Ødegaard. Si le Madrilène musèle le meneur d'Arsenal, la Norvège est coupée en deux ; s'il le laisse distribuer, les Scandinaves piquent.

Le verdict d'expert est limpide. Les forces en présence — une France favorite et au complet, une Norvège ambitieuse mais privée du nul salvateur — convergent vers un seul impératif. Le chemin le plus favorable vers MetLife passe par une victoire vendredi. Finir premier, c'est un seizième face à un troisième dans le stade de la finale, un quart de tableau mieux dégagé et le confort du Nord-Est — quitte à croiser l'Allemagne en huitième puis l'Espagne en quart, mais seulement après avoir bâti son parcours sereinement. Finir deuxième, c'est le piège ivoirien à Dallas et le versant le plus encombré de l'arbre.

Deux trajectoires, un seul match pour les départager. Pour Deschamps et ses hommes, la feuille de route tient en une ligne : ne pas laisser la différence de buts décider à leur place. Battre la Norvège, et c'est la grande porte vers le 19 juillet. La perdre, et il faudra gravir l'escalier — marche après marche, de Dallas jusqu'à East Rutherford.

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