Deux équipes, six points chacune, zéro défaite. Quand le tirage au sort avait placé la France et la Norvège dans le même groupe, il promettait un dernier acte à haute tension. Cette promesse sera tenue ce vendredi 26 juin à 21h00 au Gillette Stadium de Foxborough, aux portes de Boston. Les deux nations se savent déjà qualifiées pour les huitièmes de finale — Sénégal et Irak n'ont pas pris le moindre point en deux journées — mais l'enjeu de la première place reste entier, et il pourrait s'avérer crucial pour la suite du tournoi.
Deux équipes sans faille, une seule peut terminer en tête
La France a déroulé avec une aisance presque déconcertante. Victoire 3-1 face au Sénégal lors de la première journée, puis démonstration 3-0 contre l'Irak : les Bleus ont inscrit six buts en deux matchs, encaissé un seul, et n'ont jamais semblé vraiment inquiétés. Kylian Mbappé, Marcus Thuram et Ousmane Dembélé ont alterné dans le rôle de bourreau, tandis que la charnière Upamecano-Konaté a imposé sa loi défensivement. Le collectif tourne, les automatismes sont là, et la machine bleue a retrouvé la sérénité qui lui avait permis de s'imposer en 2018.
En face, la Norvège n'est pas moins impressionnante. Après un festival offensif 4-1 contre l'Irak dès la première journée, les Scandinaves ont confirmé en accrochant une victoire 3-2 plus laborieuse contre le Sénégal. Sept buts marqués en deux matchs, une différence de buts légèrement inférieure à celle des Bleus, mais surtout une équipe qui déborde de confiance et d'ambition. Erling Haaland, Alexander Sørloth et Jørgen Strand Larsen forment un trio offensif redoutable, capable de faire souffrir n'importe quelle défense du monde. Martin Ødegaard, lui, orchestre depuis le milieu avec la précision qu'on lui connaît à Arsenal.
Sur le papier, la France devance la Norvège au classement grâce à une meilleure différence de buts générale. Un nul suffirait donc aux Bleus pour finir premiers — mais rien n'est garanti dans un match de cette envergure, et Ståle Solbakken le sait pertinemment.
Le Groupe I déjà plié, mais la première place change tout pour la suite
Avec Sénégal et Irak à zéro point, la qualification des deux cadors du groupe n'est plus un sujet depuis plusieurs jours. Ce qui se joue vendredi soir, c'est la tête du groupe, et donc un tirage potentiellement plus favorable en huitièmes de finale. Dans un Mondial à 48 équipes où les têtes de série et les adversaires potentiels peuvent considérablement varier selon le parcours, finir premier plutôt que deuxième n'est pas un détail. Les deux staffs en sont pleinement conscients, et aucun ne se contentera d'une victoire au rabais ou d'un match géré.
La Norvège, de son côté, a tout à gagner. Pour une nation qui dispute sa première Coupe du Monde depuis 1998 et dont le meilleur résultat dans la compétition reste un huitième de finale, terminer en tête d'un groupe devant la France serait un signal fort envoyé au reste du tournoi. Solbakken devrait aligner ses meilleures forces d'entrée, sans calcul.
Les Bleus privés de Deschamps sur le banc, le staff prend les rênes
Ce match revêt une dimension particulière du côté français. Didier Deschamps ne sera pas présent sur le banc vendredi soir en raison du décès de sa mère. C'est son adjoint et son staff qui dirigeront les Bleus pour cette rencontre décisive. Une absence qui touche au-delà du seul cadre sportif, et que le groupe tricolore devra traverser avec cohésion. Dans ces moments, le vestiaire parle souvent plus fort que n'importe quelle instruction tactique.
Sur le plan sportif, le staff dispose d'un effectif complet et en confiance. N'Golo Kanté et Aurélien Tchouaméni forment un double pivot capable de contenir les montées d'Ødegaard et de Sander Berge. Michael Olise et Bradley Barcola apportent la vitesse et l'imprévisibilité sur les ailes. Et Mbappé, auteur d'un début de tournoi clinique, sera plus que jamais le repère offensif des Bleus dans ce duel au sommet.


