Didier Deschamps, sélectionneur de la France (Iconsport)
France

Bleus : Didier Deschamps endeuillé, le staff prend le relais face à la Norvège

Didier Deschamps, sélectionneur de la France (Iconsport)

Frappé par le deuil après le décès de sa mère, Didier Deschamps ne dirigera pas la France lors de son dernier match de poules face à la Norvège, vendredi 27 juin (21h).

LLa rédactionMis à jour à 21h595 min de lecture
Partager

Le deuil s'invite dans la préparation des Bleus

Il y a des moments où le football, si grand soit-il, doit s'effacer devant l'essentiel. Didier Deschamps, sélectionneur de l'équipe de France depuis 2012 et architecte de deux finales de Coupe du monde — dont la victoire de 2018 en Russie —, a appris le décès de sa mère dans les heures qui ont suivi la victoire des Bleus contre l'Irak, le 22 juin. Une victoire nette, trois buts à zéro, qui aurait dû ouvrir sur une semaine de préparation sereine avant l'ultime journée de poules. La vie en a décidé autrement.

Le sélectionneur ne sera pas présent sur le banc vendredi soir lors du match France-Norvège, décisif pour la première place du Groupe I. Frappé dans son intimité la plus profonde, Deschamps a quitté le groupe pour rejoindre les siens. Il ne pourra pas non plus assurer les séances d'entraînement de la semaine. Une absence qui, au-delà de la dimension humaine, place le staff tricolore face à une organisation inédite dans cette Coupe du monde 2026.

Une équipe de France déjà qualifiée, mais avec un enjeu de taille

Le contexte sportif, lui, est limpide : la France a remporté ses deux premiers matchs du groupe, d'abord contre le Sénégal (3-1 le 16 juin), puis contre l'Irak (3-0 le 22 juin). Avec six points au compteur, les Bleus sont qualifiés pour les huitièmes de finale avant même de fouler la pelouse pour ce troisième match. Mais se qualifier n'est pas tout : terminer premier du Groupe I, c'est potentiellement éviter un adversaire de calibre supérieur dès le tour suivant, dans une compétition à 48 équipes où chaque ligne du tableau compte.

En face, la Norvège de Ståle Solbakken arrive avec ses propres certitudes. Après avoir écrasé l'Irak 4-1 puis renversé le Sénégal 3-2 le 23 juin, la sélection scandinave totalise également six points et se présente à cette confrontation directe dans une dynamique impressionnante. Erling Haaland, l'attaquant de Manchester City, 25 ans, et Martin Ødegaard, le milieu créateur d'Arsenal, 27 ans, forment le duo le plus redoutable que les défenseurs tricolores — Dayot Upamecano (Bayern Munich, 27 ans) et Ibrahima Konaté (Liverpool, 27 ans) en tête — auront à contenir depuis le début de la compétition. Ce match vaut la première place du groupe — rien de moins.

Qui pour remplacer Deschamps sur le banc ?

La question pratique se pose avec acuité. Le staff de l'équipe de France est rodé — des années de travail collectif autour de Deschamps —, mais le sélectionneur incarne une autorité et une lisibilité tactique que nul ne remplace à l'identique. Son adjoint devrait assurer l'intérim technique pour les entraînements comme pour la rencontre face à la Norvège, dans la droite ligne de ce que le groupe a construit depuis le début du tournoi. La continuité du système sera probablement la priorité : les Bleus ont affiché une cohérence de jeu rassurante lors de leurs deux sorties, et il serait contre-productif de bousculer les automatismes.

Sur le terrain, les hommes de confiance sont là. Kylian Mbappé, 27 ans, attaquant du Real Madrid, reste le patron offensif incontesté. Auteur d'une Coupe du monde 2022 historique — finale perdue aux tirs au but face à l'Argentine, mais trois buts en finale dont un triplé —, le capitaine des Bleus connaît le poids de ces moments. À ses côtés, Marcus Thuram, 28 ans, attaquant de l'Inter Milan, a confirmé depuis le début du tournoi sa capacité à peser sur les défenses adverses. Derrière eux, Aurélien Tchouaméni, 26 ans, le milieu défensif du Real Madrid, aura la charge d'éteindre Ødegaard avant même que l'Arsenaliste ne commence à distribuer. C'est lui, plus que quiconque, qui tiendra l'équilibre face à la créativité norvégienne.

La Norvège, adversaire sérieux pour une équipe de France privée de son chef

Il serait naïf de sous-estimer l'impact psychologique de l'absence de Deschamps. Dans le vestiaire, les joueurs sont des professionnels aguerris, mais perdre son entraîneur chef la semaine d'un match à enjeu crée forcément une perturbation, aussi légère soit-elle. La Norvège, classée 31e au ranking FIFA, n'a certes pas l'histoire de la France en Coupe du monde — quatre participations au total, avec un meilleur résultat en huitième de finale atteint en 1998 —, mais l'équipe de Solbakken joue un football direct, physique, porté vers l'avant, et elle a déjà montré dans ce tournoi qu'elle savait renverser des situations : menée ou bousculée, elle trouve des ressources.

Retrouvez la suite du contenu après cette annonce

Haaland, en particulier, représente un danger permanent. Le buteur de Manchester City, qui avait inscrit un but face à la France lors d'un match amical en mars 2026 — rencontre finalement remportée 3-1 par les Bleus —, sera affûté pour cette confrontation de prestige. Ødegaard, lui, est le chef d'orchestre qui distribue, accélère, change le rythme. Et derrière, Kristoffer Ajer, le défenseur de Brentford âgé de 28 ans, incarnera le bloc solide que la Norvège opposera aux offensives tricolores.

Mon pronostic : la France s'impose, mais souffre. Haaland marquera — il marque toujours dans les grands matchs —, et les Bleus devront attendre la seconde mi-temps pour faire la différence, portés par un Mbappé qui n'a jamais mieux joué qu'en l'absence de pression institutionnelle. Résultat attendu : 2-1 pour les Bleus, première place du groupe confirmée.

Au-delà du résultat, une image forte

Ce que retiendra peut-être l'histoire de ce Groupe I, c'est autant le football que ce moment humain suspendu. Vendredi soir, sans Deschamps, les Bleus devront trouver en eux-mêmes ce supplément d'âme que le sélectionneur insuffle habituellement depuis son banc. C'est, aussi, une manière de lui rendre hommage dans la douleur.

La France reste, sur le papier, la formation la mieux armée du Groupe I. Troisième nation au classement FIFA, avec 17 participations en Coupe du monde et deux titres mondiaux (1998, 2018), elle possède l'expérience, le talent et la profondeur d'effectif pour gérer cette situation. Un groupe qui compte, dans ses rangs, Ousmane Dembélé (PSG, 29 ans), Michael Olise (Bayern Munich, 24 ans) et Bradley Barcola (PSG, 23 ans) sur les côtés n'est pas un groupe qui manque d'options. Mais le football n'est pas qu'une équation sur papier.

Le coup d'envoi de France-Norvège est prévu le vendredi 27 juin à 21h. La première place du Groupe I se jouera à cet instant, dans un stade américain, sans l'homme qui a construit cette équipe pendant plus d'une décennie. Didier Deschamps sera, ce soir-là, ailleurs — là où il doit être.

Match lié

À lire aussi

Publicité