Supporters de la RD Congo (DR)
Avant-match

RD Congo dos au mur : gagner ou rentrer à la maison

Supporters de la RD Congo (DR)

Dos au mur après un nul et une défaite, la RD Congo n'a plus qu'une seule option dimanche à Atlanta : battre une Ouzbékistan déjà condamnée pour espérer accrocher le repêchage des meilleurs troisièmes.

LLa rédactionMis à jour à 15h505 min de lecture
Partager

Il ne reste plus qu'une chance. Une seule. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1h30 du matin heure de Paris, la RD Congo entre sur la pelouse du Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta avec un couteau sous la gorge. Un point en deux matchs, une différence de buts négative, et une qualification qui ne tient plus qu'à un fil : les Léopards doivent gagner, et espérer que le reste du classement des meilleurs troisièmes leur soit favorable. En face, une Ouzbékistan déjà mathématiquement éliminée, zéro point au compteur, mais qui n'a rien à perdre. Le scénario idéal pour un piège.

Un nul héroïque contre le Portugal, puis l'effondrement face à la Colombie

La RD Congo n'a pas démérité sur le papier. Lors de la première journée, les hommes de Sébastien Desabre ont arraché un résultat remarquable en tenant tête au Portugal, tenant en échec les Lusitaniens sur le score d'un but partout. Gaël Kakuta, Théo Bongonda et leurs coéquipiers avaient alors montré un visage courageux, une organisation défensive sérieuse et une vraie capacité à exister face à une grande nation du football. Ce point glané contre la future deuxième équipe du groupe constituait une base solide, presque encourageante.

Mais la deuxième journée a douché les espoirs. Face à la Colombie, leader du groupe avec six points, les Léopards se sont inclinés sur le score de zéro à un. Une défaite logique contre une équipe en grande forme, mais qui laisse la RD Congo dans une position délicate : troisième avec un seul point, devancée par le Portugal qui a depuis écrasé l'Ouzbékistan cinq buts à zéro. La dynamique n'est pas idéale, mais elle n'est pas non plus celle d'une équipe sans ressources. Desabre dispose d'un groupe compact, avec des joueurs évoluant dans des championnats compétitifs, d'Aaron Wan-Bissaka à West Ham jusqu'à Ngal'ayel Mukau, le milieu de Lille.

L'Ouzbékistan de Cannavaro : une première mondiale cauchemardesque, mais un orgueil à défendre

Du côté ouzbek, la Coupe du Monde 2026 restera comme une expérience douloureuse à digérer. Pour leur toute première participation à la compétition, les coéquipiers d'Eldor Shomurodov, attaquant d'Istanbul Başakşehir, ont encaissé huit buts en deux matchs, sans jamais trouver la solution offensive. Défaite un à trois contre la Colombie lors de la première journée, puis déroute cinq à zéro face au Portugal : l'écart de niveau a été cruel et la différence de buts est catastrophique.

Fabio Cannavaro, le champion du monde 2006 désormais aux commandes de la sélection d'Asie centrale, n'a pas trouvé les clés pour endiguer les assauts adverses. Avec zéro point et une différence de buts à moins sept, l'Ouzbékistan est éliminée depuis plusieurs jours déjà. Pourtant, l'honneur reste en jeu. La présence d'un défenseur comme Abdukodir Khusanov, 22 ans, formé à Manchester City, témoigne d'un vivier en développement. Cette rencontre face à la RD Congo sera l'occasion pour ces joueurs de terminer sur une note positive leur baptême mondial, et de rappeler que l'Ouzbékistan mérite le respect sur la scène internationale.

La course aux meilleurs troisièmes : une victoire nécessaire, mais pas suffisante

La situation de la RD Congo dans la course à la qualification est claire dans sa logique, mais incertaine dans son résultat. Les deux premiers du groupe sont déjà désignés : la Colombie et le Portugal joueront les seizièmes de finale, quoi qu'il arrive ce dimanche. Pour les Léopards, la seule issue passe par une victoire, qui leur permettrait de terminer troisièmes du Groupe K avec quatre points. Mais ce n'est pas suffisant en soi.

Le format de cette Coupe du Monde à 48 équipes prévoit que les huit meilleurs troisièmes des différents groupes soient également qualifiés pour le tour suivant. La RD Congo doit donc non seulement gagner, mais produire un résultat suffisamment probant en termes de différence de buts et de buts marqués pour se hisser parmi ces rescapés du classement général des troisièmes. Un succès serré risque de ne pas suffire si d'autres troisièmes accumulent de meilleurs chiffres ailleurs dans la compétition. Il faut gagner, et convaincre par les chiffres.

Retrouvez la suite du contenu après cette annonce

Cela impose à Desabre un choix tactique délicat : jouer l'attaque à tout prix pour gonfler le compteur de buts marqués et améliorer la différence de buts, au risque de s'exposer en contre-attaque ? Ou sécuriser d'abord la victoire avant de tenter d'alourdir le score ? La réponse dépendra aussi du score en temps réel dans les autres matchs, puisque toutes les rencontres de la dernière journée sont disputées simultanément.

Pour cela, les Léopards pourront compter sur leur attaquant Brian Kibambe Cipenga en pointe, soutenu par les mouvements de Bongonda, Mbuku et Kakuta dans les couloirs. La créativité ne manque pas dans ce groupe, mais la régularité devant le but a fait défaut lors des deux premières sorties : un seul but marqué en deux matchs, c'est le vrai problème à résoudre.

Ce RD Congo - Ouzbékistan est donc bien plus qu'un simple match de groupe sans enjeu. Pour les uns, c'est la dernière chance de prolonger l'aventure américaine. Pour les autres, c'est le dernier rendez-vous sur la scène mondiale, une occasion de partir la tête haute. À Atlanta, dans la chaleur du Mercedes-Benz Stadium, l'honneur et la survie se jouent dans la même nuit.

Les effectifs

RD Congo

Gardiens : Lionel Mpasi (1), Timothy Fayulu (16), Matthieu Epolo (21).

Défenseurs : Aaron Wan-Bissaka (2), Steve Kapuadi (3), Axel Tuanzebe (4), Dylan Batubinsika (5), Joris Kayembe (12), Aaron Tshibola (15), Chancel Mbemba (22), Gédéon Kalulu (24), Arthur Masuaku (26).

Milieux : Ngal'ayel Mukau (6), Nathanaël Mbuku (7), Samuel Moutousamy (8), Théo Bongonda (10), Gaël Kakuta (11), Meschack Elia (13), Noah Sadiki (14), Charles Pickel (18), Edo Kayembe (25).

Attaquants : Brian Kibambe Cipenga (9), Cédric Bakambu (17), Fiston Mayele (19), Yoane Wissa (20), Simon Banza (23).

Ouzbékistan

Gardiens : Utkir Yusupov (1), Abduvokhid Nematov (12), Botirali Ergashev (16).

Défenseurs : Abdukodir Khusanov (2), Rustam Ashurmatov (7), Sherzod Nasrullaev (13), Umar Eshmurodov (15), Abdulla Abdullaev (18), Behruzjon Karimov (24), Avazbek Ulmasaliev (25), Jakhongir Urozov (26), Farrukh Sayfiev (34), Khozhiakbar Alizhonov (40).

Milieux : Akmal Mozgovoy (6), Otabek Shukurov (7), Jamshid Iskanderov (8), Odildzhon Khamrobekov (9), Aziz Ganiev (19), Sherzod Esanov (23).

Attaquants : Jaloliddin Masharipov (10), Oston Urunov (11), Eldor Shomurodov (14), Dostonbek Khamdamov (17), Azizbek Amonov (20), Igor Sergeev (21), Abbosbek Fayzullaev (22).

Match lié

À lire aussi

Publicité