Il ne reste plus qu'une chance. Une seule. Dans la nuit de samedi à dimanche, à 1h30 du matin heure de Paris, la RD Congo entre sur la pelouse du Mercedes-Benz Stadium d'Atlanta avec un couteau sous la gorge. Un point en deux matchs, une différence de buts négative, et une qualification qui ne tient plus qu'à un fil : les Léopards doivent gagner, et espérer que le reste du classement des meilleurs troisièmes leur soit favorable. En face, une Ouzbékistan déjà mathématiquement éliminée, zéro point au compteur, mais qui n'a rien à perdre. Le scénario idéal pour un piège.
Un nul héroïque contre le Portugal, puis l'effondrement face à la Colombie
La RD Congo n'a pas démérité sur le papier. Lors de la première journée, les hommes de Sébastien Desabre ont arraché un résultat remarquable en tenant tête au Portugal, tenant en échec les Lusitaniens sur le score d'un but partout. Gaël Kakuta, Théo Bongonda et leurs coéquipiers avaient alors montré un visage courageux, une organisation défensive sérieuse et une vraie capacité à exister face à une grande nation du football. Ce point glané contre la future deuxième équipe du groupe constituait une base solide, presque encourageante.
Mais la deuxième journée a douché les espoirs. Face à la Colombie, leader du groupe avec six points, les Léopards se sont inclinés sur le score de zéro à un. Une défaite logique contre une équipe en grande forme, mais qui laisse la RD Congo dans une position délicate : troisième avec un seul point, devancée par le Portugal qui a depuis écrasé l'Ouzbékistan cinq buts à zéro. La dynamique n'est pas idéale, mais elle n'est pas non plus celle d'une équipe sans ressources. Desabre dispose d'un groupe compact, avec des joueurs évoluant dans des championnats compétitifs, d'Aaron Wan-Bissaka à West Ham jusqu'à Ngal'ayel Mukau, le milieu de Lille.
L'Ouzbékistan de Cannavaro : une première mondiale cauchemardesque, mais un orgueil à défendre
Du côté ouzbek, la Coupe du Monde 2026 restera comme une expérience douloureuse à digérer. Pour leur toute première participation à la compétition, les coéquipiers d'Eldor Shomurodov, attaquant d'Istanbul Başakşehir, ont encaissé huit buts en deux matchs, sans jamais trouver la solution offensive. Défaite un à trois contre la Colombie lors de la première journée, puis déroute cinq à zéro face au Portugal : l'écart de niveau a été cruel et la différence de buts est catastrophique.
Fabio Cannavaro, le champion du monde 2006 désormais aux commandes de la sélection d'Asie centrale, n'a pas trouvé les clés pour endiguer les assauts adverses. Avec zéro point et une différence de buts à moins sept, l'Ouzbékistan est éliminée depuis plusieurs jours déjà. Pourtant, l'honneur reste en jeu. La présence d'un défenseur comme Abdukodir Khusanov, 22 ans, formé à Manchester City, témoigne d'un vivier en développement. Cette rencontre face à la RD Congo sera l'occasion pour ces joueurs de terminer sur une note positive leur baptême mondial, et de rappeler que l'Ouzbékistan mérite le respect sur la scène internationale.
La course aux meilleurs troisièmes : une victoire nécessaire, mais pas suffisante
La situation de la RD Congo dans la course à la qualification est claire dans sa logique, mais incertaine dans son résultat. Les deux premiers du groupe sont déjà désignés : la Colombie et le Portugal joueront les seizièmes de finale, quoi qu'il arrive ce dimanche. Pour les Léopards, la seule issue passe par une victoire, qui leur permettrait de terminer troisièmes du Groupe K avec quatre points. Mais ce n'est pas suffisant en soi.
Le format de cette Coupe du Monde à 48 équipes prévoit que les huit meilleurs troisièmes des différents groupes soient également qualifiés pour le tour suivant. La RD Congo doit donc non seulement gagner, mais produire un résultat suffisamment probant en termes de différence de buts et de buts marqués pour se hisser parmi ces rescapés du classement général des troisièmes. Un succès serré risque de ne pas suffire si d'autres troisièmes accumulent de meilleurs chiffres ailleurs dans la compétition. Il faut gagner, et convaincre par les chiffres.


