Un groupe B plus ouvert que prévu
Personne n'avait vraiment vu le Groupe B de cette façon au moment du tirage. La Suisse, 19e nation mondiale, faisait figure de grandissime favorite pour décrocher l'une des deux premières places. Mais à l'issue de la première journée, le tableau ressemble à une ardoise vierge : quatre équipes, quatre points partagés. La Bosnie-Herzégovine et le Canada se sont quittés sur un match nul (1-1), tout comme la Suisse et le Qatar (1-1). Ce vendredi à Vancouver, le Canada et le Qatar savent que le vainqueur s'installerait en bonne posture pour la qualification. Perdant ? Il devrait presque impérativement gagner son dernier match et espérer.
Le Canada, maître à domicile mais encore trop fragile
Jouer au BC Place de Vancouver, c'est un avantage immense pour les Canadiens. Sam Adekugbe, défenseur des Vancouver Whitecaps, connaît cette pelouse comme sa poche. Le public sera derrière son équipe nationale, dans une enceinte qui a déjà vécu des nuits historiques. Jesse Marsch a construit un groupe jeune, ambitieux, porté par une vraie dynamique depuis la qualification de 2022. Mais la première journée a laissé des questions en suspens.
Face à la Bosnie-Herzégovine, le Canada a certes tenu le score, mais n'a pas su conclure à domicile. La forme récente est contrastée : une victoire convaincante contre l'Ouzbékistan avant la compétition, mais aussi deux matchs nuls consécutifs, dont un 1-1 contre l'Irlande en préparation. L'équipe cherche encore la constance offensive qui lui permettrait de faire la différence au plus haut niveau.
Les regards se tourneront vers les attaquants. Daniel Jebbison, 22 ans, apporte l'énergie de la jeunesse, tandis que Marcelo Flores possède la créativité pour débloquer une défense organisée. Junior Hoilett, lui, apporte l'expérience d'un groupe qui en manque parfois dans les moments décisifs. Ce Canada a les ressources, mais doit impérativement hausser son niveau de finition.
Le Qatar de Lopetegui, l'adversaire qu'on ne attendait pas là
Voilà sans doute la vraie surprise de cette première journée. Le Qatar, 56e nation mondiale, entraîné par Julen Lopetegui, a tenu tête à la Suisse et arraché un point précieux. Ce résultat n'est pas un accident : en préparation, les Qataris avaient montré une solidité défensive, s'imposant même face à l'Irlande avant le tournoi.
Lopetegui, ancien sélectionneur de l'Espagne et entraîneur rodé aux joutes européennes, a manifestement apporté une organisation tactique rigoureuse à cette équipe. Le Qatar dispose de joueurs habitués aux grands rendez-vous de la zone AFC, et l'expérience du Mondial 2022, disputé à domicile, reste dans les mémoires. Cette génération sait ce qu'est un match de Coupe du Monde.
Attention toutefois à un profil offensif encore limité : les données disponibles montrent une équipe qui peine à marquer, mais qui sait ne pas s'effondrer. Rayyan Ahmed Al Ali et Ahmed Al-Rawi, les options offensives, devront hausser leur niveau face à une défense canadienne motivée par son public.
Les enjeux : qui prend les commandes du groupe ?
La mécanique est simple. Avec deux points chacun après la troisième journée de la phase de groupes — en tenant compte de tous les résultats du groupe — le vainqueur de ce Canada - Qatar se retrouverait en tête ou en très bonne position avant l'ultime rencontre. Un nul laisserait les deux équipes dans l'incertitude totale jusqu'au dernier match.
Le format de cette Coupe du Monde 2026 offre une bouée de sauvetage : les huit meilleurs troisièmes de groupe sont également qualifiés pour les 16es de finale. Mais aucune équipe ne construit sa campagne sur ce scénario. Gagner ici, c'est prendre les commandes. Perdre, c'est se retrouver dos au mur.


