Un groupe B qui se joue déjà sur cette deuxième journée
On attendait peut-être un peu plus de tranchant de leur part lors de la première journée, et pourtant les voilà dos à dos dans le classement du Groupe B. La Suisse a concédé le nul face au Qatar (1-1), la Bosnie-Herzégovine en a fait de même contre le Canada (1-1). Résultat : à l'heure d'entrer dans ce deuxième acte, les deux équipes ont un point chacune et savent qu'une victoire jeudi soir au SoFi Stadium de Los Angeles les propulserait en tête du groupe. L'enjeu est limpide, l'urgence aussi.
La Suisse : confirmer une ambition mal engagée
Murat Yakin avait emmené ses hommes à ce Mondial avec de vraies ambitions. La Nati cumule treize participations à la Coupe du Monde, a atteint les huitièmes de finale lors de ses trois dernières éditions (2014, 2018, 2022) et même les quarts de finale comme meilleur résultat historique. Elle arrive donc en terre américaine avec l'expérience des grandes scènes.
Pourtant, le nul contre Qatar (1-1) a laissé un goût amer. Accroché par l'une des équipes les plus accessibles du groupe, la Suisse n'a pas rassuré. En préparation, le bilan était contrasté : une large victoire 4-1 contre la Jordanie, un succès spectaculaire 4-3 en Allemagne, mais aussi deux nuls consécutifs — contre l'Australie (1-1) et la Norvège (0-0). Une équipe capable de produire de belles choses, mais dont la régularité reste le vrai sujet.
Contre la Bosnie, la Suisse, classée 19e au ranking FIFA, est l'équipe favorite sur le papier. Mais c'est bien sur le terrain qu'il faudra le prouver, sous la chaleur californienne et dans un SoFi Stadium qui promet d'être animé.
La Bosnie-Herzégovine : l'heure de la réaction
Pour Sergej Barbarez et ses joueurs, la situation est simple : on ne peut pas se permettre un deuxième nul, encore moins une défaite. La Bosnie n'a disputé qu'une seule Coupe du Monde auparavant — en 2014 — et avait été éliminée dès la phase de groupes. Retrouver ce tournoi après plus d'une décennie d'absence est déjà une belle performance, mais les Dragons ne sont pas venus à Los Angeles pour faire de la figuration.
Le nul arraché contre le Canada (1-1) lors de la première journée est une base, pas un résultat. Et les matchs de préparation n'ont pas dissipé les doutes : deux nuls consécutifs, contre Panama (1-1) et contre la Macédoine (0-0), montrent une équipe solide mais qui peine à faire la différence offensivement.
Dans les rangs bosniens, des profils intéressants existent pourtant. Sead Kolašinac, défenseur expérimenté formé aux meilleures écoles européennes (Atalanta), apporte du métier et du leadership défensif. Benjamin Tahirovic au milieu, Amar Dedić côté droit avec sa vista offensive depuis Benfica : la Bosnie a des arguments. Il faudra qu'ils s'expriment.
Joueurs à surveiller
- Amar Dedić (Bosnie) : le latéral de Benfica est l'un des profils les plus modernes et offensifs de cette équipe, capable de faire la différence sur son côté.
- Sead Kolašinac (Bosnie) : le capitaine de l'arrière-garde, expérimenté, sera la pièce centrale du dispositif défensif face aux attaques suisses.
- Vincent Sierro (Suisse) : le milieu de terrain doit prendre ses responsabilités et peser dans l'animation du jeu helvète.
- Zachary Athekame (Suisse) : le jeune défenseur de l'AC Milan, 21 ans seulement, sera l'un des éléments à observer dans la charnière suisse face à une Bosnie qui cherchera à se montrer dangereuse.
Ce que change ce match au classement
Dans le format inédit de cette Coupe du Monde 2026 — 48 équipes, 12 groupes de quatre — les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés pour les 16es de finale, auxquels s'ajoutent les huit meilleurs troisièmes de l'ensemble des groupes. Autrement dit, un point peut suffire à se qualifier si d'autres résultats sont favorables. Mais Suisse et Bosnie n'ont pas vocation à jouer avec ce filet de sécurité.

