Il y a des soirs de Coupe du Monde où les destins se dessinent avec une clarté brutale. Le MetLife Stadium, aux portes de New York, accueillera jeudi 25 juin à 22h00 (heure de Paris) l'un de ces rendez-vous où tout se joue pour l'un et rien, ou presque, pour l'autre. L'Équateur de Sebastián Beccacece a besoin d'un résultat positif pour espérer survivre à ce Groupe E. En face, la Mannschaft de Julian Nagelsmann débarque dans le New Jersey avec six points en deux matchs, première de groupe et déjà qualifiée pour les huitièmes de finale. Le contexte est simple, presque cruel pour les Équatoriens.
L'Allemagne, machine à gagner en route vers la première place
Depuis le début de ce Mondial américain, l'Allemagne a envoyé un message fort à tous ses futurs adversaires. Une victoire écrasante 7-1 contre Curaçao lors de la première journée, suivie d'un succès 2-1 face à la Côte d'Ivoire en J2 : la Mannschaft tourne à plein régime offensivement, avec neuf buts marqués en deux rencontres et une différence de buts de +7 qui la place au-dessus de tout le groupe. Jamal Musiala, Kai Havertz, Jamie Leweling, Nick Woltemade… le vivier offensif de Nagelsmann est d'une profondeur rare, et la concurrence entre ses attaquants maintient tout le monde en éveil.
Déjà qualifiée, l'Allemagne n'a pourtant aucune raison de se relâcher. La première place du groupe est assurée si elle ne s'effondre pas, et aucun signe ne laisse présager une telle éventualité au vu de la dynamique actuelle. Nagelsmann pourrait-il faire tourner son effectif pour ménager ses cadres en vue des huitièmes ? La question se pose, mais l'entraîneur allemand a montré jusqu'ici une appétit de compétition intact. Dans tous les cas, la Mannschaft aborde ce match en position de force absolue, portée par une confiance collective que ses cinq dernières victoires consécutives toutes compétitions confondues n'ont fait que renforcer.
L'Équateur, zéro but marqué et un seul point : la dernière chance
Du côté équatorien, le bilan après deux journées est alarmant. Une défaite 0-1 contre la Côte d'Ivoire lors de la première journée, puis un nul stérile 0-0 contre Curaçao en J2 : la Tri n'a pas inscrit le moindre but dans cette Coupe du Monde. Un point au compteur, une différence de buts à -1, et surtout une attaque qui peine à exister au plus haut niveau. Enner Valencia, légende vivante du football équatorien à 36 ans, n'a pas réussi à peser. Kendry Páez, la pépite de 18 ans formée à River Plate et grand espoir de cette génération, cherche encore à s'exprimer dans ce tournoi.
La situation est mathématiquement claire : avec un point en deux matchs, l'Équateur est troisième du groupe à égalité avec Curaçao. Pour se qualifier directement, il doit finir dans les deux premiers du groupe, ce qui implique au minimum de dépasser la Côte d'Ivoire, actuellement deuxième avec trois points. Une victoire contre l'Allemagne serait le scénario idéal, mais même dans ce cas, le résultat de l'autre match du groupe entre la Côte d'Ivoire et Curaçao sera déterminant. Un nul pourrait, dans certaines configurations, maintenir l'espoir d'un repêchage parmi les huit meilleurs troisièmes — une bouée de sauvetage prévue par le format de cette Coupe du Monde à 48 équipes — mais cela dépendrait des résultats dans les autres groupes et reste un scénario très incertain. La réalité est là : l'Équateur doit gagner, et gagner face à la meilleure équipe du groupe.
Beccacece cherche son remède face à une défense allemande imperméable
Le défi tactique pour Sebastián Beccacece est immense. Comment débloquer une équipe d'Allemagne qui défend collectivement avec des joueurs comme Antonio Rüdiger, Jonathan Tah, Joshua Kimmich et Waldemar Anton, tout en trouvant les ressources offensives que la Tri n'a pas encore montrées dans ce tournoi ? La ligne défensive équatorienne, portée par Willian Pacho (PSG), Piero Hincapié (Arsenal) et Pervis Estupiñán (AC Milan), dispose d'une qualité individuelle réelle. Mais défendre ne suffira pas : il faudra que Beccacece libère ses attaquants, qu'Anthony Valencia ou Kevin Rodríguez trouvent des espaces dans le dos d'une défense allemande qui court vite et monte haut.


