Il est 05h00, heure de Paris, et au Lumen Field de Seattle, deux nations à la trajectoire opposée se retrouvent pour le match le plus décisif du Groupe G. D'un côté, l'Égypte de Mohamed Salah, déjà assurée de figurer dans le haut du tableau, qui rêve de conclure en tête. De l'autre, l'Iran d'Amir Ghalenoei, encore en vie mais contraint de ne pas lâcher un seul point de plus. La dernière journée de groupes a ce goût particulier : personne ne peut se permettre de jouer petit.
Les Pharaons en position de force, mais la première place se mérite
Avec quatre points au compteur après deux journées, l'Égypte est en très bonne posture. Elle a d'abord accroché la Belgique sur un nul 1-1 avant de s'imposer nettement 3-1 face à la Nouvelle-Zélande. Ce double résultat lui a permis de s'installer seule en tête du Groupe G, avec une différence de buts positive qui témoigne d'une efficacité offensive réelle. Pour la sélection entraînée par Hossam Hassan Hussein, la qualification pour les 16es de finale est pratiquement actée, mais l'objectif affiché est désormais la première place, synonyme de parcours potentiellement allégé dans la suite du tournoi.
Le symbole de cette équipe, c'est évidemment Mohamed Salah. À 33 ans, le capitaine de Liverpool dispute une Coupe du Monde avec la plénitude d'un joueur au sommet de sa maturité. Autour de lui, Mahmoud Trezeguet et Emam Ashour ont apporté leur contribution dans les deux premières sorties. La défense, emmenée par Mohamed Abdelmonem (OGC Nice) et les piliers d'Al Ahly Yasser Ibrahim et Mohamed Hany, a montré une solidité convenable face à la Belgique, même si la Nouvelle-Zélande a offert une résistance bien moindre. Un nul contre l'Iran suffirait aux Pharaons pour consolider leur place parmi les deux premiers, voire pour conclure premiers si les résultats s'y prêtent. Mais l'Égypte, portée par sa dynamique et son public africain acquis à sa cause à distance, pourrait bien vouloir davantage.
L'Iran dos au mur : deux nuls ne suffisent plus
L'Iran présente un bilan en demi-teinte : deux matchs, deux nuls. Un 2-2 concédé face à la Nouvelle-Zélande lors de la première journée, puis un 0-0 stérile contre la Belgique. Résultat : deux points, une différence de buts nulle et une place de troisième partagée avec la Belgique à la valeur des buts inscrits. La Team Melli est encore en vie, mais elle n'a droit à aucune erreur.
Le problème iranien est d'abord offensif. Mehdi Taremi, la figure de proue de cette attaque, et Alireza Jahanbakhsh n'ont pas trouvé la faille contre la Belgique. Les deux points glanés sont le fruit d'une solidité défensive réelle — Alireza Beiranvand dans les buts, Shoja Khalilzadeh en défense — mais une équipe qui n'inscrit que deux buts en deux matchs ne peut pas se permettre de continuer ainsi. Contre l'Égypte, l'Iran devra impérativement l'emporter pour espérer terminer deuxième du groupe et s'assurer une qualification directe. En cas de nul, les hommes de Ghalenoei se retrouveraient en position de repêchage parmi les meilleurs troisièmes, un scénario incertain qui dépendrait des résultats dans les autres groupes.
Belgique - Nouvelle-Zélande en toile de fond : la pression du contexte
Ce qui rend cette affiche encore plus palpitante, c'est l'autre match du groupe disputé en simultané. La Belgique et la Nouvelle-Zélande se retrouvent au même moment, et leur issue aura une influence directe sur la valeur des résultats dans Égypte - Iran. La Belgique, à deux points comme l'Iran mais avec moins de buts marqués, est aussi en quête de qualification. La Nouvelle-Zélande, avec un seul point, ne peut qu'espérer un miracle. Ce contexte signifie que l'Iran sait exactement ce qu'il risque : si la Belgique l'emporte de son côté, un nul iranien pourrait ne pas suffire même pour le repêchage.
Pour l'Égypte, ce même contexte l'incite à ne pas renoncer à attaquer. Une victoire consolidée et une différence de buts améliorée pourraient être utiles en cas de scénario compliqué en 16es. L'équipe de Salah a prouvé, en battant la Nouvelle-Zélande 3-1, qu'elle était capable de produire du jeu et de se montrer tranchante. Face à une défense iranienne plus hermétique, la tâche sera plus difficile — mais la dynamique est là.


