Le rendez-vous à ne pas manquer
Minuit, heure de Paris. Pendant que l'Europe dort, le MetLife Stadium d'East Rutherford s'embrase. Ce dimanche 14 juin 2026, le Brésil et le Maroc se retrouvent pour ce qui s'annonce comme l'un des matchs les plus relevés de la phase de groupes de cette Coupe du Monde. Dans un Groupe C qui comprend également l'Écosse (FIFA 43) et Haïti (FIFA 83), les deux équipes les mieux classées au monde dans cette poule se jaugent dès la première journée. Autant dire que le ton sera donné d'entrée.
Le Brésil, entre ambitions retrouvées et fébrilité récente
Cinq fois champion du monde, le Brésil traîne depuis 2002 un douloureux sentiment d'inachevé. Deux quarts de finale consécutifs en 2018 et 2022, une quatrième place à domicile en 2014 : la Seleção cherche à renouer avec son destin de grandeur, et c'est Carlo Ancelotti, le technicien italien au palmarès continental impressionnant, qui a été chargé de cette mission.
Mais la préparation du Brésil envoie des signaux contradictoires. Si les hommes d'Ancelotti ont dominé Panama sur le score de 6-2 fin mai, puis battu l'Égypte 2-1 début juin, les amicaux de mars ont révélé des failles : une défaite 3-1 en Croatie, puis une autre 2-1 face à la France. Des résultats qui invitent à la prudence, même si les rencontres amicales n'ont qu'une valeur relative.
Du côté des joueurs à surveiller, l'attaquant Antony, relancé au Betis Séville après une période difficile, sera l'un des éléments offensifs à observer de près. Dans l'entrejeu, Gerson (Cruzeiro) et Andreas Pereira (Palmeiras) seront chargés de donner le tempo au jeu brésilien. En défense, le jeune Murillo, qui évolue à Nottingham Forest à seulement 23 ans, devra montrer sa capacité à tenir face à une attaque marocaine remuante.
Le Maroc, la confirmation d'une révolution
L'histoire récente du football africain a un nom : Maroc. La demi-finale puis la troisième place décrochée lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar — meilleur résultat de l'histoire du continent africain dans la compétition — a transformé les Lions de l'Atlas en une référence mondiale. Désormais huitièmes au classement FIFA, les Marocains abordent ce Mondial américain avec le statut de favori sérieux pour sortir de leur groupe, et même pour aller beaucoup plus loin.
Sous la houlette de Mohamed Ouahbi, le Maroc a affiché une belle régularité en préparation : une victoire 4-0 contre Madagascar, un succès 5-0 face au Burundi, et un déplacement réussi au Paraguay (2-1). Seule ombre au tableau, le match nul 1-1 concédé à domicile face à la Norvège en tout début de juin. Insuffisant pour entamer la confiance d'un groupe soudé.
Les Marocains s'appuieront sur l'expérience de Nayef Aguerd, le défenseur de l'Olympique de Marseille, pour verrouiller l'axe central. Dans le couloir, Zakaria El Ouahdi (Genk) et Souffian El Karouani (FC Utrecht) forment une paire défensive jeune et ambitieuse. Plus haut sur le terrain, Amine Adli, l'attaquant de Bournemouth, sera le principal danger offensif à neutraliser pour la défense brésilienne. Le milieu Amir Richardson (FC København) apportera lui sa créativité et sa vista pour alimenter les offensives.
Un duel sans historique fourni, mais chargé de symboles
Au-delà des individualités, c'est bien un duel de systèmes et de cultures footballistiques qui se joue. Le Brésil, patrie du joga bonito, contre le Maroc, emblème du renouveau africain et arabe. Deux équipes qui revendiquent un football collectif, intense, difficile à manœuvrer. Le vainqueur de ce choc prendra une option considérable sur la première place du Groupe C et s'offrirait un boulevard vers les huitièmes de finale.



