Un Groupe B sous haute tension
Le Levi's Stadium de Santa Clara, aux portes de San Francisco, accueillera ce samedi 13 juin à 21h00 (heure de Paris) l'une des affiches les plus intrigantes de cette première journée de Groupe B. D'un côté, le Qatar, pays hôte de la précédente édition, qui rêve d'écrire une nouvelle page de son histoire footballistique. De l'autre, la Suisse, solide formation européenne classée 19e au ranking FIFA, habituée des grandes compétitions et qui vise cette fois à aller plus loin que ses récents huitièmes de finale. Un match entre deux équipes aux profils radicalement différents, mais animées du même désir d'entamer cette Coupe du Monde 2026 par une victoire.
Le Qatar de Lopetegui : une montée en puissance attendue
Voilà un choix qui ne manque pas d'audace : confier les rênes de la sélection qatarie à Julen Lopetegui, technicien espagnol au riche passé européen. Le pari est celui d'une organisation défensive solide combinée à une transition rapide vers l'avant. Sur le papier, le Qatar (55e au classement FIFA) part avec le statut de moins bien loti du groupe, mais l'histoire du football a appris à ne jamais sous-estimer les outsiders sur un seul match.
En préparation, les Qataris ont montré un visage prudent mais pas sans arguments. Un succès en déplacement contre l'Irlande, puis un match nul à domicile face au Salvador témoignent d'une équipe encore en rodage, cherchant ses automatismes sous la houlette de son nouveau sélectionneur. Lopetegui devra s'appuyer sur un secteur offensif jeune et prometteur.
- Tahsin Mohammed, 19 ans, attaquant d'Al-Duhail, sera l'une des pépites à surveiller. Sa vivacité et son appétit de but pourraient surprendre plus d'un défenseur suisse.
- Mohamed Surag, 23 ans, et Rayyan Ahmed Al Ali apporteront leur énergie et leur connaissance du jeu qatari dans ce secteur offensif.
- Au milieu, Mustafa Mashaal, qui évolue en Belgique à KAS Eupen, représente le profil le plus aguerri aux exigences du football européen.
La Suisse de Yakin : la régularité comme marque de fabrique
Treize participations en Coupe du Monde, un quart de finale comme meilleur résultat historique, et trois huitièmes de finale consécutifs entre 2014 et 2022 : la Suisse est une institution mondiale. Sous la direction de Murat Yakin, la Nati a forgé une réputation de solidité collective qui lui permet de tenir tête aux meilleures nations. Cette édition 2026, disputée sur le sol américain, sera peut-être la bonne pour franchir enfin le cap qui leur échappe.
La préparation suisse a offert des signaux contrastés mais encourageants. Un large succès contre la Jordanie, un revers de prestige face à l'Allemagne lors d'un match de haute intensité, un nul en Norvège et un match de vérification contre l'Australie terminé sur le score d'un but partout : Yakin a pu peaufiner ses réglages et tester diverses options tactiques. Le groupe semble dense et compétitif.
- Zeki Amdouni, 25 ans, attaquant de Burnley, sera l'homme à surveiller dans le camp helvétique. Percutant, capable de créer le danger en une fraction de seconde, il incarne la menace offensive principale.
- Ricardo Rodríguez, 33 ans, défenseur expérimenté du Betis Séville, apportera son calme et son leadership défensif dans les moments chauds.
- Alvyn Sanches, 23 ans, milieu de Young Boys, pourrait se distinguer par sa capacité à casser les lignes et à trouver les espaces.
Un duel qui dépasse les deux équipes
Au-delà du simple affrontement, ce Qatar - Suisse dessine aussi les contours d'une bataille pour la qualification dans un Groupe B ouvert. Bosnie-Herzégovine et Canada complètent l'affiche, et le moindre faux pas pourrait coûter très cher dans la course aux deux premières places qualificatives. Rappelons que dans ce nouveau format à 48 équipes, les deux premiers de chaque groupe ainsi que les huit meilleurs troisièmes accèdent aux 16es de finale : chaque point compte, mais une victoire dès l'entrée en lice serait un signal fort.


