Cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde - IconSport
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Mondial 2026 : trois cérémonies d'ouverture pour un Big Bang

Cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde - IconSport

Pour la première fois de son histoire, la Coupe du Monde s'ouvre sur trois cérémonies interconnectées : Mexico, Toronto, Los Angeles. Un triptyque conçu par Marco Balich, l'homme des Jeux Olympiques.

LLa rédactionMis à jour à 20h335 min de lecture
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Le Big Bang des origines : trois pays, trois shows, une seule fête

Il y a des éditions qui changent une compétition pour toujours. 2026 sera l'une d'elles, et pas seulement pour son format inédit à 48 équipes. Pour la première fois dans l'histoire de la FIFA, la Coupe du Monde ne s'ouvrira pas sur une seule cérémonie, mais sur trois — trois soirs, trois villes, trois cultures — réunies en un triptyque planétaire pensé comme un objet artistique à part entière. À la baguette : Marco Balich, le directeur artistique qui avait déjà mis le monde à genoux lors des cérémonies des Jeux Olympiques de Turin en 2006 et de Rio en 2016. L'homme sait ce qu'est le gigantisme. Cette fois, il se surpasse.

L'idée est aussi simple que spectaculaire dans son exécution : chacune des trois cérémonies précède le premier match du pays hôte concerné, dans son propre stade, avec ses propres artistes, son propre récit identitaire. Mais les trois sont conçues comme des actes d'un même spectacle, articulés autour de l'hymne officiel du tournoi, « Dai Dai », qu'interprètent Shakira et Burna Boy. La grand-messe du football mondial n'a jamais été aussi littéralement universelle.

Mexico, jeudi 11 juin : l'Azteca entre dans l'éternité

Tout commence par là où tout a commencé, ou presque. L'Estadio Azteca, à Mexico, est l'unique enceinte au monde à avoir accueilli deux finales de Coupe du Monde — 1970 et 1986. Le 11 juin 2026, 90 minutes avant le coup d'envoi de Mexique - Afrique du Sud, il en vivra une troisième, d'une nature différente : une cérémonie d'ouverture taillée dans la pierre et le feu de la culture mexicaine et autochtone. Javier Aguirre verra ses joueurs — parmi lesquels le milieu de 22 ans Brian Gutiérrez et le vétéran Guillermo Ochoa, 40 ans et gardien hors du temps — entrer dans ce stade légendaire sous un ciel de show.

Le plateau artistique est à la mesure de l'enjeu. Shakira, qui avait déjà fait trembler l'Afrique du Sud avec « Waka Waka » en 2010, revient sur la scène du Mondial pour chanter « Dai Dai » aux côtés de Burna Boy. Autour d'eux, J Balvin, Tyla, le groupe mexicain Maná, Alejandro Fernández et Belinda composent un line-up qui traverse les générations et les continents. La célébration des cultures autochtones mexicaines ancre le spectacle dans une profondeur historique rare pour ce type d'événement. L'Azteca n'est pas seulement un stade : il est, ce soir-là, le nombril du monde.

Le Mexique, qui dispute sa 18e Coupe du Monde avec un classement FIFA au rang 15, arrive après une phase de groupes éliminatoire en 2022 qui avait douloureusement mis fin à une série de sept qualifications consécutives en huitièmes de finale. Aguirre connaît la pression de cette histoire. Ses amicaux récents sont encourageants — 5-1 contre la Serbie le 5 juin, 1-0 contre l'Australie fin mai. Le show d'ouverture sera superbe. La question du score qui suit l'est moins.

Toronto et Los Angeles, vendredi 12 juin : le choc des cultures

Le lendemain, le relais passe au Canada et aux États-Unis dans un ballet quasi simultané qui dit tout de l'ambition de cette édition à double hôte nord-américain.

À Toronto, au BMO Field, la cérémonie précède Canada - Bosnie-Herzégovine, première apparition des hommes de Jesse Marsch dans un Mondial sur leur sol depuis 1986. Le thème retenu — la « mosaïque culturelle » — est presque une évidence pour un pays qui a fait de sa diversité une identité nationale. Will Arnett, acteur canadien connu dans le monde entier, présente un compte à rebours retraçant l'identité plurielle du Canada. Sur scène : Michael Bublé, Alanis Morissette, Alessia Cara, Jessie Reyez, et — surprise savoureuse — le rappeur français Vegedream, dont la présence sur une cérémonie d'ouverture d'un Mondial nord-américain dit quelque chose de l'époque. Alphonso Davies, 25 ans, le latéral du Bayern Munich, entrera dans ce stade en sachant que tout un pays retient son souffle depuis 40 ans.

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Même soir, sur la côte Ouest, le SoFi Stadium de Los Angeles accueille la cérémonie américaine avant États-Unis - Paraguay. La production vire Hollywood, évidemment. Katy Perry, Future, Anitta, LISA et Rema : cinq artistes, cinq univers, une vitrine de la pop mondiale à l'américaine. Mauricio Pochettino, sélectionneur des États-Unis, sait que son équipe — classée 16e au ranking FIFA, mais portée par l'euphorie d'un Mondial à domicile — n'a pas le droit d'entrer sur cette pelouse comme une invitée. Son milieu Johnny Cardoso, 24 ans et déjà titulaire à l'Atlético Madrid, sera l'un des symboles d'une génération américaine enfin armée pour dépasser les huitièmes de finale.

La réforme Infantino : quand les 26 montent au centre

Au-delà du spectacle, la FIFA introduit pour cette édition une mesure protocolaire inédite qui mérite attention. Lors de chaque cérémonie d'avant-match, ce ne sont plus seulement les onze joueurs sélectionnés dans le groupe de départ qui seront présents sur la pelouse pour les hymnes : l'intégralité des 26 joueurs des deux sélections se rassemblera au centre du terrain. Un cercle de 52 joueurs, debout, face à leurs drapeaux respectifs.

C'est une décision de Gianni Infantino, et elle n'est pas anodine. Elle dit que dans cette Coupe du Monde, le collectif prime sur l'individualité statutaire, que le remplaçant mérite la même reconnaissance que le titulaire. Dans un tournoi où le format à 48 équipes a déjà élargi la notion de participation mondiale, c'est un symbole cohérent. Reste à voir si le geste résistera à l'épreuve du temps — ou si, comme souvent, il sera absorbé dans le flux d'un mois de football dont les images finiront toutes, invariablement, par converger vers un penalty décisif, un but en prolongation, un joueur à genoux sur la pelouse du MetLife Stadium le 19 juillet 2026.

Mais avant ça, il y a l'Azteca. Il y a Toronto. Il y a Los Angeles. Il y a Marco Balich, qui a trois nuits pour raconter le monde en chanson avant que le football ne prenne le relais.

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