Un groupe G en suspens total
Rarement un groupe de Coupe du Monde n'aura été aussi parfaitement équilibré après la première journée. Iran, Nouvelle-Zélande, Belgique, Égypte : quatre nations, un point chacune, une différence de buts à zéro pour tout le monde. Dans cette configuration, la moindre victoire propulse son auteur en tête du groupe et ouvre grand la voie vers les huitièmes de finale. La défaite, elle, laisse une marge de manœuvre terriblement réduite pour la suite. C'est dans cet état d'esprit que Nouvelle-Zélande et Égypte entrent sur la pelouse du BC Place de Vancouver dans la nuit du dimanche au lundi.
La Nouvelle-Zélande veut confirmer sa bonne surprise
Personne ou presque n'attendait les All Whites à ce niveau. Classés 85e au ranking FIFA, les Néo-Zélandais ont pourtant tenu tête à l'Iran lors de leur entrée en lice, arrachant un nul 2-2 qui a surpris plus d'un observateur. Dans un groupe dominé sur le papier par la Belgique, les hommes de Darren Shaun Bazeley ont montré un visage combatif et capable de marquer. C'est une donnée à ne pas négliger pour la suite.
La route vers ce résultat n'a pourtant pas été sans embûches. En préparation, la Nouvelle-Zélande avait encaissé une lourde défaite 4-0 face à Haïti, puis s'était inclinée 1-0 contre l'Angleterre. Des signaux inquiétants qui semblaient préfigurer une phase de groupes compliquée. Mais le football ne se joue pas sur les feuilles de match des amicaux, et Vancouver aura peut-être fait naître une équipe.
À surveiller du côté néo-zélandais, le jeune milieu Luke Brooke-Smith, 17 ans, évoluant au Wellington Phoenix, qui incarne la nouvelle génération d'un football océanien en pleine mutation. Logan Rogerson, l'attaquant d'Auckland, sera lui aussi attendu au tournant pour trouver la faille dans une défense égyptienne solide.
L'Égypte doit confirmer son bon point
Face à une Belgique classée 9e mondiale, l'Égypte a réussi l'exploit de tenir le match nul 1-1. Un résultat encourageant pour une sélection qui disputait sa première Coupe du Monde depuis 2018. Le sélectionneur Hossam Hassan Hussein avait mis en place un bloc cohérent, difficile à déstabiliser, et le retour au jeu semblait avoir été bien absorbé par un groupe qui avait notamment tenu un nul vierge contre l'Espagne en préparation.
Ce qui rend l'Égypte intéressante dans ce groupe, c'est sa capacité à ne pas se laisser dominer par des équipes a priori supérieures. La défaite 1-2 contre le Brésil en amical avait rappelé les limites de l'effectif, mais la victoire 4-0 contre l'Arabie Saoudite et le nul contre les Espagnols avaient montré un tout autre visage. Contre la Nouvelle-Zélande, les Pharaons partent favoris et devront assumer ce statut.
Les regards se tourneront notamment vers Mohamed Elneny, le milieu expérimenté de 33 ans, dont le rôle de chef d'orchestre sera primordial pour contrôler le tempo. Islam Issa, l'attaquant de Ceramica Cleopatra, sera lui attendu pour concrétiser les occasions et alléger la pression sur un groupe qui sait qu'une victoire ce lundi le mettrait en excellente posture pour la qualification.
Ce que ce match change au classement
Le format de ce Mondial à 48 équipes est clair : les deux premiers de chaque groupe sont qualifiés directement pour les seizièmes de finale, et les huit meilleurs troisièmes les rejoignent. Avec un groupe aussi serré, chaque rencontre de la deuxième journée est une petite finale. Une victoire ce lundi propulse immédiatement le vainqueur en tête du Groupe G avec quatre points, le plaçant en position de force avant la troisième et dernière journée. Une défaite, en revanche, oblige à tout miser sur le dernier match, avec une marge réduite et une pression maximale.
La Nouvelle-Zélande, si elle l'emporte, n'aurait pas seulement réalisé un exploit : elle se retrouverait en situation de qualifier pour la première fois de son histoire avec une avance confortable. Pour l'Égypte, s'imposer serait le signal fort que les Pharaons sont bien de retour sur la scène mondiale, et pas seulement pour faire de la figuration.


