Le réveil mexicain du Groupe A
Il faudra mettre le réveil. Coup d'envoi à 04h00 (heure de Paris), vendredi 12 juin, à l'Estadio Akron de Guadalajara — un antre réputé pour son ambiance électrique, l'un des stades emblématiques de ce Mondial 2026 co-organisé par le Mexique, les États-Unis et le Canada. Dans ce cadre, Corée du Sud et Tchéquie se disputent ce qui pourrait rapidement devenir un match à six points dans un Groupe A où chaque détail compte.
Rappelons la configuration du groupe : le Mexique (FIFA 15) fait figure de favori logique, suivi de la Corée du Sud (FIFA 25), de la Tchéquie (FIFA 41) et de l'Afrique du Sud (FIFA 60). Dans ce format inédit à 48 équipes, les deux premiers de chaque groupe sont directement qualifiés pour les 16es de finale, auxquels s'ajoutent les huit meilleurs troisièmes. Ce match entre Sud-Coréens et Tchèques prend donc une saveur particulière : une victoire, et l'un d'eux prend une option sérieuse sur la suite de la compétition.
La Corée du Sud, l'expérience pour socle
Avec douze participations à la Coupe du Monde et un meilleur résultat de quatrième place — obtenu lors de l'édition 2002 organisée à domicile —, la sélection sud-coréenne n'est jamais un adversaire à prendre à la légère. En 2022, au Qatar, elle avait atteint les huitièmes de finale, confirmant sa régularité dans les grandes compétitions.
Sur le plan de la forme récente, le bilan est contrasté. Les hommes de Myung-Bo Hong ont encaissé deux défaites en mars lors de matchs amicaux, avant de se reprendre en mai et début juin avec une large victoire contre Trinité-et-Tobago puis un succès étriqué face au Salvador, juste avant le départ pour le Mexique. La montée en puissance est là, même si l'équipe devra se montrer plus solide défensivement.
Dans ce groupe, les regards se portent notamment sur Jin-woo Jeon, attaquant de 26 ans évoluant à Oxford United en Angleterre, dont la capacité à peser sur les défenses européennes sera un atout précieux face à la Tchéquie. Park Yong-Woo, le milieu expérimenté passé par Al Ain, apportera son expérience internationale au cœur du jeu. En défense, Seung-wook Park (28 ans, Shimizu S-Pulse) devra tenir son rang face aux offensives tchèques.
La Tchéquie, surprise potentielle de la compétition
Pour la Tchéquie, ce Mondial 2026 représente un retour historique sur la scène mondiale. Il faut en effet remonter à 2006 pour retrouver la trace des Tchèques dans une Coupe du Monde — une absence de vingt ans qui donne à cette participation une résonance toute particulière. Dans les archives, la Tchécoslovaquie, ancêtre de la sélection actuelle, avait même atteint la finale en 1962, preuve d'un ADN footballistique solide.
Le sélectionneur Miroslav Koubek a préparé son équipe avec soin. Deux matchs amicaux de préparation : une victoire au Guatemala, puis un succès à domicile contre le Kosovo. Peu de données, mais deux victoires qui forgent la confiance. La sélection tchèque est majoritairement composée de milieux de terrain — Jiří Boula, Michal Beran, Patrik Hellebrand, Kryštof Daněk, Matěj Ryneš, Tomáš Ladra — ce qui laisse entrevoir un collectif organisé, technique, basé sur la circulation du ballon et la densité dans l'entrejeu. Un style qui pourrait poser des problèmes à la Corée du Sud si celle-ci n'est pas suffisamment compacte.
Les enjeux tactiques du duel
Le choc des styles s'annonce intéressant. La Corée du Sud, habituée à un pressing intense et à des transitions rapides, sera confrontée à une Tchéquie qui privilégie la possession et la construction patiente. La bataille au milieu de terrain sera sans doute décisive : si Park Yong-Woo et les siens parviennent à couper les lignes de passe tchèques, les Sud-Coréens pourront exploiter leurs qualités en contre-attaque. À l'inverse, si la Tchéquie impose son tempo, ses nombreux milieux pourraient créer le surnombre et dicter le scénario.



