Un groupe D relevé, une entrée en matière décisive
Il est encore tôt, le soleil à peine levé sur Paris, mais au BC Place de Vancouver il sera déjà l'heure de vérité. Dimanche 14 juin à 6h00 (heure française), l'Australie et la Turquie lancent leur Coupe du Monde 2026 avec un match qui sent la poudre. Dans un Groupe D qui réunit également les États-Unis (FIFA 16) et le Paraguay (FIFA 40), pas question de laisser filer des points d'entrée. Chaque équipe le sait : bien démarrer, c'est déjà se donner de l'air pour la suite.
L'Australie, prudente mais solide
Sous la houlette de Tony Popović, les Socceroos arrivent à ce Mondial avec un bilan de préparation encourageant. Ils ont tenu tête à la Suisse sur son sol — un match nul 1-1 arraché à l'extérieur — et se sont même offert le scalp du Mexique en amical quelques jours plus tôt sur le score d'un but à zéro. Des résultats qui témoignent d'une équipe bien organisée, difficile à manœuvrer.
Classée 27e au classement FIFA, l'Australie n'est pas un adversaire que l'on prend à la légère. Son meilleur résultat en Coupe du Monde reste le huitième de finale, atteint notamment en 2022 au Qatar et en 2006 en Allemagne. L'objectif affiché est clair : reproduire au minimum ce parcours. Pour cela, les Socceroos s'appuieront sur un collectif discipliné, avec quelques individualités capables de faire la différence. Le jeune défenseur Alessandro Circati, formé à Parme, apporte une solidité bienvenue dans l'axe central. Devant, l'expérience de Mitchell Duke — 35 ans, une vie entière en vert et or — cohabite avec la vivacité de Sam Silvera, qui enchaîne les saisons en Championship anglais à Middlesbrough. Cristian Volpato, lui, incarne cette nouvelle génération technique dont Popović espère tirer le meilleur.
La Turquie, entre talent et inconstance
En face, la Turquie de Vincenzo Montella débarque en Amérique du Nord avec une étiquette de sérieux prétendant, mais aussi quelques points d'interrogation. Les hommes du technicien italien ont certes écrasé la Macédoine du Nord sur le score de quatre buts à zéro lors de leur avant-dernière sortie, mais ils se sont ensuite inclinés face au Venezuela deux buts à un. Une irrégularité qui colle à la peau des Turcs depuis quelques saisons, et que Montella devra absolument corriger s'il veut que son équipe tienne la distance sur la durée d'un tel tournoi.
La Turquie, 22e nation mondiale, compte dans ses rangs de vrais arguments. Can Uzun, l'attaquant de l'Eintracht Francfort, est l'un des joueurs les plus excitants à suivre côté turc : tranchant, technique, capable de surgir à tout moment. La charnière défensive formée autour de Merih Demiral et de Çağlar Söyüncü — ce dernier évoluant désormais à Fenerbahçe — est l'une des plus expérimentées d'Europe. En arrière droit, Zeki Çelik apporte sa combativité habituelle. Le milieu Salih Özcan, enfin, sera chargé d'assurer l'équilibre entre défense et animation offensive.
Pour la Turquie, l'enjeu va bien au-delà de ce seul match. Le pays n'a participé à une Coupe du Monde qu'à trois reprises dans son histoire, et son meilleur résultat reste une fabuleuse troisième place en 2002 — une époque qui appartient désormais au passé. Vingt-quatre ans plus tard, une nouvelle génération se présente avec la ferme intention d'écrire un nouveau chapitre.



