Sept buts plantés à Curaçao, puis une défaite 1-2 contre l'Équateur pour finir le groupe. L'Allemagne a ce don particulier pour transformer chaque Coupe du Monde en montagnes russes émotionnelles, avec le tapis rouge déroulé vers la sortie en option gratuite. 2018, élimination en phase de groupes. 2022, rebelote. Cette fois, Nagelsmann a quand même évité le pire en qualifiant sa troupe pour les seizièmes de finale — chapeau bas pour cette prouesse qui, dans n'importe quel autre pays, passerait pour du minimum syndical.
Une sortie de groupe à l'allemande, version chaos
Le parcours de la Mannschaft dans le Groupe E ressemble à une dissertation de philo rédigée à la dernière minute : brillant au départ (7-1 contre Curaçao, difficile de faire moins parlant comme épreuve), convaincant au milieu (2-1 contre la Côte d'Ivoire), puis complètement à côté à la fin. Cette défaite 1-2 contre l'Équateur en dernière journée de groupe rappelle que l'Allemagne, même avec Jamal Musiala dans les pieds et Manuel Neuer dans les cages, reste parfaitement capable de se compliquer la vie sans raison apparente. Nagelsmann pourra toujours expliquer que la qualification est là. Elle l'est, oui. Dans la douleur.
Le Paraguay, maître zen de la survie
En face, le Paraguay d'Alfaro a pratiqué la philosophie du juste nécessaire avec une rigueur presque monastique. Une défaite 1-4 contre les États-Unis pour commencer — on ne va pas mentir, c'était spectaculaire dans le mauvais sens du terme — puis un redressement sérieux : victoire 1-0 contre la Turquie, nul 0-0 contre l'Australie. Qualification dans la poche, fierté nationale intacte. Miguel Almirón, revenu dans la MLS après des années en Premier League, sera l'homme à surveiller : à 32 ans, c'est son dernier Mondial, et ce genre de contexte tend à transformer les footballeurs ordinaires en légendes nationales, ou à les figer dans l'anonymat. Antonio Sanabria, lui, devra confirmer que son but contre la Turquie n'était pas un accident de parcours.
Musiala contre une défense paraguayenne qui a tenu bon
Le vrai duel de ce seizième de finale se jouera dans cet espace entre la créativité allemande et l'organisation défensive du Paraguay. Omar Alderete à Sunderland, Gustavo Gómez à Palmeiras, Júnior Alonso à l'Atlético Mineiro : la charnière paraguayenne n'est pas composée de touristes. Ils ont encaissé un but contre la Turquie et zéro contre l'Australie. Mais ils ont aussi pris quatre buts face aux États-Unis, ce qui relativise les enthousiasmes. Musiala, 23 ans, calibre Ballon d'Or sur certaines soirées, aura la charge d'ouvrir le jeu paraguayen. Si Havertz trouve ses repères et que Woltemade ou Leweling apportent de la profondeur, l'Allemagne peut effectivement jouer à la hauteur de sa cote.
Statistiques bidon et scénario téléphané mis à part…
On pourrait vous sortir que l'Allemagne n'a jamais perdu contre le Paraguay en Coupe du Monde, ou que le Gillette Stadium a une pelouse particulièrement propice au pressing haut — on ne le fera pas, par respect pour votre intelligence. Ce qui est factuel : l'Allemagne est mieux classée, mieux dotée en individualités, et joue a priori le rôle du grand frère qui n'a pas envie qu'on lui rappelle ses deux dernières sorties groupées. Le Paraguay, lui, arrive avec rien à perdre et une organisation défensive éprouvée. C'est précisément ce genre de profil qui fait trébucher les favoris nerveux.
Pourtant, à 1.33 pour une victoire allemande chez PMU, le marché n'a pas tort sur le fond. Le nul à 5.40 et le Paraguay à 9.50 reflètent assez fidèlement le rapport de forces réel. L'Allemagne reste largement favorite, même en mode «on se complique inutilement la vie». Le Paraguay peut tenir longtemps, mais marquer suffisamment pour renverser la vapeur sur 90 minutes paraît ambitieux.
Le verdict, la main qui tremble légèrement
Pronostic assumé : victoire de l'Allemagne. Pas dans un fauteuil — Julian Nagelsmann ne fait pas dans la simplicité — mais une victoire tout de même. Le scénario d'un match serré, avec un but paraguayen qui fait douter les Allemands pendant une vingtaine de minutes angoissantes, semble tout à fait plausible. Ce qui l'est moins, c'est un Paraguay qui boucle l'affaire sur le long terme face à une sélection qui, malgré ses sautes d'humeur, possède une densité de talent supérieure. Parier sur moins de 2,5 buts reste une piste cohérente pour ceux qui font confiance au réalisme défensif d'Alfaro — à chacun d'évaluer la part de risque.
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- Le résultat — victoire Allemagne (cote 1,33) : 100 € misés rapportent 133,00 €, soit +33,00 € de gain.
- Nombre de buts — plus de 2,5 buts (cote 1,62) : 100 € misés rapportent 162,00 €.
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