Un match sans droit à l'erreur
Le Gillette Stadium de Foxborough accueille ce lundi 29 juin à 22h30 (heure de Paris) l'un des chocs les plus pimentés de ce seizième de finale : l'Allemagne, quadruple championne du monde, face au Paraguay, équipe de l'âme et du combat. La règle est simple, implacable, celle qui donne son sel à la Coupe du Monde : le vainqueur file en quarts, le perdant rentre chez lui. En cas d'égalité après 90 minutes, prolongation puis tirs au but. Pas de match retour, pas de deuxième chance.
Une Allemagne en dents de scie
La Mannschaft aborde ce rendez-vous avec des certitudes et des doutes mêlés. Julian Nagelsmann avait mis tout le monde d'accord lors de l'entrée en lice fracassante contre Curaçao, une victoire 7-1 qui avait tout du gala. La victoire 2-1 contre la Côte d'Ivoire avait ensuite confirmé le sérieux du collectif. Mais voilà que la dernière sortie en phase de poules a laissé des traces : une défaite 1-2 contre l'Équateur, concédée malgré le statut de favori. Un résultat qui interroge sur la solidité défensive et la régularité d'une équipe capable du meilleur comme du moins bien.
L'Allemagne s'avance néanmoins avec un effectif de grande qualité. Jamal Musiala, 23 ans, reste la principale source de danger : sa vitesse de pensée, sa technique dans les espaces et sa capacité à faire la différence dans les moments chauds en font le joueur à surveiller en priorité. Derrière, le duo Antonio Rüdiger - Jonathan Tah devra hausser son niveau pour museler les attaquants paraguayens. Dans l'entrejeu, Joshua Kimmich est le chef d'orchestre, celui qui dicte le tempo et qui doit gérer les transitions avec soin face à une équipe adverse très organisée sur le plan tactique.
Un Paraguay solide et déterminé
Le Paraguay, lui, a réalisé un parcours en phase de poules révélateur de sa personnalité. Battus sévèrement par les États-Unis lors du premier match (1-4), les hommes de Gustavo Alfaro ont répondu avec caractère : victoire 1-0 contre la Turquie, puis nul 0-0 contre l'Australie qui leur a suffi pour se qualifier. Une équipe qui a souffert, qui s'est relevée, et qui arrive en seizième de finale avec l'expérience des matchs difficiles dans les jambes.
Le Paraguay n'est pas une surprise dans ce tournoi. Avec neuf participations mondiales à son actif et un quart de finale comme meilleur résultat historique, la Albirroja sait ce que c'est que de jouer sous pression. Gustavo Alfaro a construit un bloc défensif difficile à manœuvrer, avec des vétérans comme Fabián Balbuena et Júnior Alonso pour tenir la charpente, et des profils de transition rapide pour faire mal en contre.
C'est là qu'intervient Miguel Almirón, le joueur à suivre côté paraguayen. À 32 ans, l'ancien de Newcastle, désormais à Atlanta United, est le meneur technique, celui qui fait le lien entre défense et attaque et qui peut surgir dans des moments inattendus. À ses côtés, Ramón Sosa (Palmeiras) apporte de la percussion, et Antonio Sanabria l'expérience d'un numéro neuf capable de peser sur les défenseurs adverses.
Le duel clé : Musiala contre la défense paraguayenne
Si l'on devait résumer ce match à un duel, ce serait celui de Jamal Musiala face à l'arrière-garde organisée du Paraguay. Le Bavarois sera l'homme sur lequel l'Allemagne va s'appuyer pour trouver des brèches dans un bloc compact. La capacité du Paraguay à le neutraliser — ou non — déterminera en grande partie l'issue de la rencontre. Si Musiala est muselé, l'Allemagne devra trouver d'autres solutions. Si le verrou saute, la Mannschaft peut dérouler.
Deux histoires, un seul billet pour la suite
L'Allemagne a les moyens individuels et collectifs pour passer ce tour. Mais sa dernière sortie contre l'Équateur a prouvé qu'elle n'était pas immunisée contre les mauvaises soirées. Face à un Paraguay soudé, capable de jouer les prolongations et les tirs au but sans trembler, la partie s'annonce autrement plus piégeuse qu'elle n'y paraît sur le papier.


