Un huitième de finale aux allures de test de caractère
La Coupe du Monde 2026 entre dans sa phase la plus cruelle. À Seattle, dans l'enceinte du Lumen Field, Belgique et Sénégal jouent gros mercredi soir. Un seul billet pour les huitièmes de finale est à distribuer : en cas d'égalité à l'issue du temps réglementaire, place aux prolongations, puis aux tirs au but si nécessaire. Pas de droit à l'erreur, pas de deuxième chance.
La Belgique : une montée en puissance tardive mais réelle
On attendait les Diables Rouges au tournant. Après un début de tournoi poussif — un nul 1-1 contre l'Égypte, puis un 0-0 face à l'Iran — la Belgique a finalement haussé le ton au bon moment. Sa victoire 5-1 contre la Nouvelle-Zélande lors de la dernière journée de poules a eu des allures de déclaration d'intentions. Cinq buts inscrits, confiance retrouvée : les hommes de Rudi Garcia abordent ce huitième de finale avec davantage de sérénité.
Le moteur de ce collectif se nomme Kevin De Bruyne. À 34 ans, le milieu de Naples reste l'homme à tout faire de la Belgique : distributeur hors pair, capable de faire basculer un match sur une inspiration. Romelu Lukaku, lui aussi à Naples, incarne la menace numéro un dans la surface. Le géant attaquant a besoin de ballons de qualité pour exister, et c'est précisément ce que De Bruyne lui apporte. Derrière, Thibaut Courtois retrouve une compétition majeure au sommet de son art, offrant à son équipe une sécurité précieuse dans les moments de tension. L'explosif Jeremy Doku, 24 ans, apporte quant à lui une dimension de percussion sur les ailes que peu d'équipes peuvent neutraliser facilement.
Reste une interrogation : la vraie valeur de cette Belgique, difficile à cerner après deux matchs ternes avant l'éclosion finale, se révélera-t-elle pleinement dans un match à élimination directe ? C'est tout l'enjeu de cette rencontre pour Rudi Garcia.
Le Sénégal : solide bloc mais réalisme en question
De l'autre côté, les Lions de la Teranga présentent un bilan de phase de poules contrasté. Défaite 1-3 contre la France, puis 2-3 contre la Norvège : le Sénégal a montré des vulnérabilités défensives et une certaine tendance à encaisser des buts évitables. Mais la manière dont il a réagi face à l'Irak — une victoire 5-0 sans appel — témoigne d'une équipe capable de gros coups quand elle se libère.
Sadio Mané, à 34 ans, reste l'emblème et la référence absolue de cette sélection. L'attaquant d'Al-Nassr porte encore sur ses épaules les espoirs d'un peuple entier, lui qui avait déjà offert au Sénégal ses heures de gloire en 2002 (quart de finale) et en 2022 (huitième de finale). À ses côtés, Nicolas Jackson, 24 ans, pensionnaire du Bayern Munich, représente la face modernisée et athlétique de l'attaque sénégalaise. Le jeune Lamine Camara, 22 ans, est lui le métronome d'un milieu de terrain qui devra contrôler les transitions face aux Belges. Quant à Kalidou Koulibaly, toujours patron de la défense à 34 ans, il sera chargé de contenir les offensives de Lukaku, un duel qui s'annonce physiquement intense.
Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw sait que son équipe doit resserrer les lignes défensives si elle veut éviter d'être prise en contre par la vitesse de Doku et la vista de De Bruyne.
Le duel clé : De Bruyne contre le milieu sénégalais
Le choc qui pourrait faire basculer la rencontre se jouera au cœur du terrain. Kevin De Bruyne contre Idrissa Gana Gueye et Lamine Camara : d'un côté, le génie créateur belge qui cherche l'espace ; de l'autre, deux récupérateurs acharnés qui vivront de pressing et d'anticipation. Si Gueye, à 36 ans, parvient à étouffer De Bruyne dans les duels et à couper les lignes de passes, la Belgique pourrait se retrouver en difficulté pour construire. Si au contraire De Bruyne dispose de la liberté nécessaire pour combiner avec Trossard et Doku, c'est le Sénégal qui subira.


