Un Groupe I sous haute tension
Le Groupe I de cette Coupe du Monde 2026 est sans doute l'un des plus déséquilibrés sur le papier — la France, numéro un mondial, et le Sénégal, quatorzième, en sont les têtes d'affiche — mais aussi l'un des plus ouverts pour les places restantes. C'est dans ce contexte que l'Irak et la Norvège s'affrontent au Gillette Stadium, aux portes de Boston, dans la nuit du mardi 16 au mercredi 17 juin à minuit, heure de Paris. Pour les deux équipes, ce match pourrait bien conditionner toute la suite de l'aventure américaine.
L'Irak, les miraculés de la qualification
Absent de la Coupe du Monde depuis 1986 — soit quarante ans de disette —, l'Irak fait son grand retour sur la scène mondiale. Cette seule donnée résume l'immensité de l'événement pour un pays et un peuple qui n'ont connu la compétition qu'une seule fois auparavant, avec pour unique résultat une phase de groupes. Sous la houlette de l'Australien Graham Arnold, la sélection mésopotamienne a su se forger une identité collective, articulée autour d'un milieu de terrain fourni et polyvalent.
Parmi les joueurs à suivre, Zidane Iqbal (Utrecht) incarne à merveille la nouvelle génération irakienne, capable d'évoluer en Europe tout en portant fièrement les couleurs nationales. Ahmed Qasim, lui, milite en MLS avec Nashville et apporte une expérience du football nord-américain qui pourrait s'avérer précieuse dans ce contexte particulier. Kevin Yakob, évoluant en Superliga danoise avec l'AGF, complète un milieu disparate mais ambitieux.
La préparation de l'Irak a toutefois livré des signaux contrastés. Les Lions des deux fleuves ont certes accroché l'Espagne sur un score nul lors d'un match amical, mais ils ont ensuite lourdement chuté à domicile face au Venezuela. Des résultats qui interrogent sur la solidité défensive et la régularité d'une équipe qui dispute là son premier Mondial depuis quatre décennies.
La Norvège, enfin de retour après trop d'absences
De son côté, la Norvège revient en Coupe du Monde après une longue absence. La dernière participation remonte à 1998, où les Scandinaves avaient atteint les huitièmes de finale avant d'être éliminés. Depuis, plusieurs générations de joueurs ont manqué ce rendez-vous planétaire, et c'est peu dire que la qualification pour ce Mondial 2026 a été vécue comme une libération nationale.
Le visage de cette équipe, c'est évidemment Martin Ødegaard. Le capitaine et meneur de jeu d'Arsenal, âgé de 27 ans, est attendu comme le grand orchestrateur d'une sélection qui a longtemps souffert de ne pas trouver son système autour de lui. Sous les ordres de Ståle Solbakken, la Norvège a développé un jeu direct et physique, en s'appuyant sur une attaque renouvelée avec des profils atypiques.
Jens Petter Hauge (Bodø/Glimt) et Erik Botheim (Malmö FF) forment un duo offensif prometteur, tandis qu'Aune Heggebø (West Bromwich Albion) apporte une alternative séduisante en pointe. En défense, la jeunesse est également au rendez-vous avec Sondre Langås (Derby County) et Sebastian Sebulonsen (FC Cologne), deux latéraux qui n'ont pas encore 27 ans mais affichent une belle maturité.
La préparation norvégienne, elle, est plutôt encourageante. Un succès probant face à la Suède, une victoire surprise contre les Pays-Bas en déplacement, et un match nul contre le Maroc en guise de dernière répétition : la Norvège aborde ce Mondial avec une dynamique positive, même si le nul à domicile contre la Suisse avait semé quelques doutes en cours de route.
Les enjeux tactiques du match
Sur le plan tactique, ce duel promet une confrontation intéressante entre deux styles bien différents. L'Irak s'appuiera sur sa densité au milieu pour compenser l'écart de niveau individuel, tentant de verrouiller les espaces et de surgir en contre-attaque. Face à une Norvège qui aimera sans doute imposer son tempo physique et son intensité, les Irakiens devront faire preuve d'une discipline collective sans faille.



