Un duel de leaders inédit à Seattle
Le Lumen Field, antre des Seattle Seahawks reconverti en temple du football mondial, accueille vendredi soir l'un des matchs les plus attendus de cette deuxième journée de phase de groupes. États-Unis et Australie arrivent dos à dos en tête du Groupe D, chacun fort de trois points et d'un bilan offensif convaincant. Un succès suffirait à l'un ou l'autre pour se rapprocher dangereusement d'une qualification en seizièmes de finale avant même le dernier match de poule. L'enjeu est considérable, la pression aussi.
Les États-Unis lancés par leur démonstration face au Paraguay
On avait vu des Américains fragiles lors de la préparation, encaissant des revers face à la Belgique (2-5), au Portugal (0-2) puis à l'Allemagne (1-2). Mais le vrai visage de cette sélection version Mauricio Pochettino s'est révélé le 13 juin contre le Paraguay : une victoire 4-1 nette, sans appel, qui a immédiatement propulsé les Stars and Stripes en tête du groupe avec une différence de buts de +3.
Jouer à domicile — ou presque, Seattle n'étant pas Los Angeles — constitue un avantage psychologique indéniable pour les hommes de Pochettino. Le public américain, qui s'est enflammé lors du premier match, sera encore dans les tribunes pour pousser son équipe. Dans l'entrejeu, Yunus Musah, le milieu d'Atalanta Bergame de seulement 23 ans, incarne la nouvelle génération américaine : technique, pressing, box-to-box. À ses côtés, Johnny Cardoso, formé à l'école de l'Atlético Madrid, apporte l'équilibre et la solidité nécessaires pour tenir la comparaison avec les meilleures équipes du monde. Ce duo sera la clé pour contenir un bloc australien réputé compact et bien organisé.
L'Australie, la surprise du groupe
Le grand enseignement de la première journée du Groupe D est venu des Socceroos. Face à la Turquie, classée 22e au ranking FIFA et considérée comme l'un des favoris du groupe, l'Australie n'a pas tremblé : victoire 2-0, propre, maîtrisée, avec la manière. Tony Popović, le sélectionneur, a imposé une organisation défensive rigoureuse et une efficacité offensive bienvenue. Après un bilan de préparation en demi-teinte — défaite contre le Mexique, nul contre la Suisse — les Australiens ont su hausser leur niveau au bon moment.
Dans cette équipe en pleine reconstruction générationnelle, plusieurs jeunes éléments méritent l'attention. Noah Botic, 24 ans, attaquant formé en Europe à Austria Vienne, et Marco Tilio, l'ailier du SK Rapid, apportent vivacité et percussion dans les espaces. Le vétéran Jason Davidson, 34 ans, assure l'expérience en défense, lui qui a déjà connu la grande scène internationale. L'Australie est peut-être l'équipe la moins attendue à ce stade de la compétition, mais elle n'a rien d'un faire-valoir.
Ce que ce match change au classement
La situation du Groupe D est limpide mais ses implications sont vertigineuses. Turquie et Paraguay sont déjà à 0 point, dos au mur. Un vainqueur entre États-Unis et Australie vendredi soir atteindrait 6 points et serait virtuellement qualifié pour la phase suivante, voire assuré de terminer dans les deux premiers selon les résultats à venir. En cas de nul, les deux équipes consolideraient leur avance commune tout en laissant un tout petit espoir théorique aux nations éliminables de la troisième place. Une défaite, en revanche, remettrait l'équipe perdante dans une position inconfortable avant le troisième match de groupe.
Dans ce format à 48 équipes, rappelons que les huit meilleurs troisièmes de groupe sont également qualifiés pour les seizièmes de finale, ce qui élargit les possibilités. Mais pour des équipes qui ont les moyens de viser la première place du groupe, se contenter d'un strapontin de troisième n'est pas dans les plans.

