Dallas, vendredi soir, 40 degrés à l'ombre et un match à élimination directe entre deux équipes qui ont survécu à leur groupe avec la légèreté d'un plombier sur un trapèze. L'Australie n'a pris que trois points sur neuf possibles en phase de groupes — victoire propre contre la Turquie, déroute face aux États-Unis (0-2), nul laborieux contre le Paraguay — et se retrouve quand même en seizième de finale, ce qui en dit autant sur le nouveau format à 48 équipes que sur les qualités défensives des Socceroos. L'Égypte, elle, affiche un bilan d'un nul, une victoire et un nul, ce qui, traduit en enthousiasme de vestiaire, donne quelque chose entre la satisfaction prudente et le soulagement massif.
Salah seul contre le monde (et parfois contre ses propres coéquipiers)
Parlons du seul sujet qui intéresse vraiment les suiveurs de ce match : Mohamed Salah, 33 ans, Liverpool, dix mille métaphores déjà écrites à son sujet et toujours capables d'en inspirer dix mille autres. L'homme a trimballé l'Égypte jusqu'en Coupe du Monde presque à lui seul, et en phase de groupes, le schéma n'a pas fondamentalement changé. Face à la Nouvelle-Zélande, victoire 3-1 avec une Égypte qui s'est autorisée une certaine générosité offensive. Face à la Belgique et l'Iran, un nul 1-1 à chaque fois — soit la marque d'une équipe capable de tenir mais pas toujours capable de tuer. Mahmoud Trezeguet et Emam Ashour existent sur le papier, Mohamed Abdelmonem apporte un peu d'expérience européenne depuis Nice, mais soyons honnêtes : sans Salah au sommet de sa forme, le plan B égyptien ressemble davantage à un plan Z.
Ce qui peut rassurer les parieurs sur l'Égypte, c'est la cote à 2.38 proposée par le PMU — logique pour une équipe objectivement mieux classée (FIFA 29 contre FIFA 27 pour l'Australie) et portée par le meilleur joueur du match. Ce qui peut les inquiéter, c'est que les matchs couperets au Mondial ne ressemblent jamais à ce qu'on avait prévu, et que l'Australie a une tradition bien établie de transformer des soirées tranquilles en cauchemars logistiques pour ses adversaires.
Tony Popović et l'art de ne rien promettre
Les Socceroos sont un cas à part dans ce tournoi. Leur victoire initiale contre la Turquie (2-0) avait laissé croire à un groupe en forme ; la correction américaine (0-2) avait ramené tout le monde sur terre ; le 0-0 contre le Paraguay a confirmé que cette équipe sait fermer le rideau quand il le faut. Mathew Ryan dans les cages à 34 ans reste une valeur sûre, la charnière centrale bricole avec les moyens du bord, et devant, Mohamed Touré (22 ans, Norwich) et Awer Mabil tentent de faire exister une ligne d'attaque qui manque cruellement de repères en phase finale. Ajdin Hrustic, le joueur le plus technique du dispositif, devra hausser son niveau si l'Australie veut inquiéter El-Shenawy, le gardien égyptien d'Al Ahly qui aura 37 ans en juillet et semble n'en avoir aucune conscience.
La cote à 3.30 pour une victoire australienne dit une chose simple : personne n'y croit vraiment, et c'est souvent à ce moment précis que les Socceroos choisissent de rappeler à tout le monde qu'ils ne lisent pas les bulletins météo du foot mondial. Le nul à 2.88, lui, n'est pas absurde du tout : les deux équipes ont démontré en phase de groupes une appétence certaine pour les scores étriqués.
Dallas n'est pas Le Caire, et c'est peut-être là le problème
L'Égypte arrive avec un avantage psychologique : elle a déjà battu la Nouvelle-Zélande de manière convaincante et sait qu'elle peut produire du jeu. L'Australie arrive avec un avantage de caractère : elle a été au fond, elle a tenu, et elle ne lâche pas facilement. Dans un match à élimination directe, la seconde qualité vaut parfois plus que la première.
Quelques éléments à surveiller :
- Le niveau d'implication de Salah dans les combinaisons offensives égyptiennes — s'il est servi tôt et souvent, les problèmes australiens commencent vite.
- La capacité de Mathew Leckie à peser sur les couloirs défensifs égyptiens, dont la solidité n'a pas été testée par les meilleures équipes du monde en phase de groupes.
- Les prolongations : ni l'une ni l'autre de ces équipes n'a montré qu'elle pouvait tenir un rythme élevé sur 120 minutes dans la chaleur texane.
Le pronostic qu'on assume, faute d'autre excuse
L'Égypte est favorite, Salah est en forme, le bilan défensif australien n'est pas flamboyant. Tout plaide pour une victoire des Pharaons — mais probablement pas une victoire en promenade. L'Australie va défendre bas, tenter de repartir en transition et faire durer le match le plus longtemps possible. Le scénario le plus crédible : une Égypte qui s'impose, dans le temps réglementaire ou aux prolongations, sur une action individuelle ou un coup de pied arrêté. Un score à un but d'écart semble raisonnable, peut-être même trop généreux pour les Socceroos.
Notre pronostic : victoire de l'Égypte, cote à 2.38. Le nul à 2.88 constitue une alternative sérieuse pour ceux qui pensent que l'Australie a encore quelques surprises dans son sac de cangourou. Comme toujours dans ce genre d'affiche, la seule certitude, c'est que le foot prend un malin plaisir à faire mentir ceux qui pensent tenir une certitude.
Les pronos de la rédaction
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- Le résultat — victoire Égypte (cote 2,38) : 100 € misés rapportent 238,00 €, soit +138,00 € de gain.
- Nombre de buts — moins de 2,5 buts (cote 1,38) : 100 € misés rapportent 138,00 €.
- Le combiné de la rédaction — victoire Égypte + moins de 2,5 buts (cote combinée 3,28) : 100 € misés rapportent 328,00 €. Jouer ce combiné sur PMU
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